mardi 3 juillet 2007

TOUCHE PIPI

Il y avait deux mondes bien différents pour moi : celui de l’école et celui en dehors du cercle scolaire. Pour tout dire, je n’avais pas de véritables amis dans aucun de ces cercles et je restais souvent seul. Mes principales occupations étaient la télévision, les jeux vidéo et le dessin.

Cependant, mes parents avaient - et ont toujours d’ailleurs - un cercle d’amis assez vaste. Parmi eux, Philippe et Isabelle, des amis d’enfance de mon père. Ils vivent à quelques minutes en voiture de la maison et ont un garçon de mon âge, Paul. Paul a toujours été plus grand et plus sportif que moi et même si nos goûts étaient opposés, on se voyait parfois et il arrivait que l’un dorme chez l’autre. Ce soir-là, c’est moi qui suis allé dormir chez lui. Sa chambre était toujours très froide, il aimait garder sa fenêtre ouverte en permanence. Il avait son lit monoplace dans le coin de la pièce et moi, je dormais dans un duvet sur un matelas gonflable à côté. On avait toujours l’habitude de dormir en caleçon. Ce soir-là, il y eu des attouchements et bien que personne ne parla de cette aventure le lendemain, l’expérience se renouvela plusieurs fois. A deux, avec Paul dans un premier temps et à trois par la suite. En effet, Paul avait un voisin du même âge, Nicolas. Les parents de Nicolas, de Paul et les miens étaient devenus des amis et ils se voyaient souvent pour des soirées arrosées. Il arrivait souvent que je dorme chez l’un des deux garçons. L’été, nous campions dans une tente installée dans le jardin, l’hiver on dormait dans le lit deux places de Nicolas.

Pour ne rien cacher, ces premières expériences sexuelles me plaisaient, j’avais même parfois envie d’aller plus loin avec eux. Je voulais les embrasser et les serrer contre moi, mais je m’interdisais de le faire, préférant les laisser « fixer » les règles. J’avais peur de me faire insulter et rejeter. Quelques années plus tard, Paul était venu chez moi, mes parents étant de sortie. Paul me proposa d’aller plus loin en essayant la sodomie (j'ignorais ce terme à l'époque). Il me dit « Alors, qui essaye l’autre ? ». Mon cœur battait la chamade. Je me précipita sous le lit de mes parents qui cachait une boite de préservatifs en me disant qu’ils ne devaient pas les compter et qu’ils ne se rendraient pas compte de cet emprunt. Paul s'est mis à quatre pattes, je suis arrivé par derrière. J'ai alors placé mes mains sur ses fesses et j'ai tenté de le pénétrer. Paul fait la grimace, il me demande d'arrêter et de changer les rôles. Je me retrouve à mon tour à quatre pattes mais là aussi, la douleur et le manque d’expérience nous font faire marche arrière. Nous ne retenterons plus l'expérience par la suite.

lundi 2 juillet 2007

NOUVELLE 6ème

L’été passa à grande vitesse et la rentrée était proche. Les maux de ventre commençaient déjà à me tordre. Je redoutais cette nouvelle année scolaire mais aussi, le fait de tomber sur les élèves de l’année dernière, qui eux, seraient en classe supérieure.

Septembre 1989, me voilà de retour dans le même collège pour y faire ma deuxième classe de sixième. Je me souviens que j’étais un peu déprimé les premiers jours car forcément, je vivais toujours cet échec. Cependant, je me consolais en me disant que maintenant, j’étais dans une toute nouvelle classe et que je devais repartir de zéro. Je décidais alors de faire un trait sur l’année passée et de reprendre les choses en main. Les premiers mois se passèrent bien mais les choses changèrent rapidement. Les copains que j'avais me laissèrent tomber, certains se voyaient le week-end sans m'inviter mais me le faisaient savoir le lundi suivant... Une fois de plus, je me retrouvais dans le rôle du vilain petit canard, cependant d'un point de vue scolaire, les choses s'améliorèrent et avec des notes très correctes, on me fit passer en classe de cinquième.

L’année qui allait suivre n’allait pas changer grand chose vu que je me retrouva avec quasiment les mêmes élèves... enfin, c'est ce que pensais.

mardi 26 juin 2007

UNE PAGE SE TOURNE-T-ELLE VRAIMENT ?

Le reste de l’année continua sur la même tendance et je me sentais de plus en plus mal. De plus, mes parents jouaient aussi à un jeu superficiel avec leurs amis qui m’étouffa et qu’on pourrait comparer à une course de chevaux. C’est à celui qui mettrait ses enfants le plus en avant : qui avait les meilleures notes ? le plus de succès ? qui était le plus grand ou qui pouvait avoir l’anecdote la plus glorieuse ?
Tout était bon pour gagner cette course de la progéniture la plus réussie et se mettre en avant pour faire plier l’autre.

Rien n’évolua dans le bon sens pour moi, je n’avais pas toujours pas d’amis, les insultes continuèrent de plus belle et les résultats scolaires chutèrent à grande vitesse. Le verdict du mois de juin suivant fût sans appel, c’était le redoublement.

Je pense qu’il s’agit pour moi de ma première « déprime ». En effet, en plus de l’annonce de cette première grosse défaite, j’ai dû faire face aux sarcasmes des élèves, des parents et dans mon dos, de leurs amis. J’étais tout d’un coup, devenu la honte de la famille.
Je me suis enfermé dans ma chambre et j’ai pleuré de longues heures. Évidemment, le redoublement en soit n’était pas la seule cause de mon chagrin, je pleurais d’un ras-le-bol général qui avait duré une année scolaire et j’avais l’impression d’en payer encore les frais. Mais payer quoi d’ailleurs ? Qu’est-ce que j’avais fait ? Je n’arrivais pas à trouver de réponse à cette question. Ça n’était pas juste.

Concernant le redoublement, il y avait la possibilité pour les parents de faire appel de la décision des professeurs mais mon père s’y opposa. Cependant, après m’avoir menacé depuis des années de me changer d’école en cas de redoublement, mes parents prirent la décision de me laisser une nouvelle chance de refaire ma sixième dans le même établissement. Après la grosse période de chagrin, ces derniers me rassurèrent en citant des petits cousins ayant connus la même situation et ayant aujourd’hui, des situations professionnelles exemplaires. Après tout, ça arrive, ça n’est pas grave conclurent-ils.

Les deux mois de vacances passèrent rapidement, nous partions comme les autres années deux semaines au soleil et le reste de la période estivale, je restais chez mes grands-parents.

Le mois de septembre pointa le bout de son nez et je m’apprêtais à reprendre une nouvelle 6e. Je me dis pour me rassurer, qu’il s’agissait d’une reprise à zéro aussi bien scolaire que morale pour moi et que tout allait bien se passer… du moins, c’est ce que je pensais.

jeudi 21 juin 2007

"HEY PEDE !"

L'année scolaire suivait son cours et les insultes s'amplifièrent. Aurélie et Cécile continuaient leurs insultes sans raison et les "pédés" fusèrent sans cesse. Ce "jeu" motivait d'autres élèves et surtout les filles, qui à leur tour s'engagèrent dans la course. Pas un jour de répit et n'importe quelle occasion fût bonne pour me le lancer à la figure. Alors évidemment la première question que je me posais fût de savoir que ce que voulait dire "pédé". Bien sûr, à cet âge, on apprend les choses très rapidement et j'appris la signification très vite même si néanmoins, je ne compris toujours pas pourquoi on m'insultait de la sorte.

Un jour, lors d'un cours d'éducation civique, j'étais fier d'avoir trouvé une brochure en rapport avec la leçon du jour et venant de la mairie de ma ville. La prof prit la brochure pour la montrer aux autres et fit passer l'objet de mains en mains. Le soir, dans ma chambre alors que je rangeais mes affaires pour le lendemain, j'ouvris la brochure et aperçu en première page un "PD" inscrit au crayon à papier. J'ai alors reconnu au premier coup d'oeil, l'écriture arrondie d'Aurélie.

Curieusement, les garçons ne rentraient pas dans ce jeu gratuit sauf lors des éventuelles altercations qui étaient prétexte à m’envoyer le mot maudit à la gueule.

Je n’avais pas beaucoup d’amis à cette époque et se rendre à l’école était devenu un fardeau.
Pour ne pas arranger les choses, je n’étais pas bon élève. Je n’avais aucune motivation pour rien et les devoirs étaient bâclés. La question que je me suis souvent posée était de savoir si mon mal-être était en rapport direct ou non avec mon échec scolaire. Ainsi, je me faisais insulter le jour par les élèves et engueuler le soir par les parents qui me considéraient comme « un nul ». Je n’ai jamais parlé de ces insultes à mes parents, ni amis ou professeurs. Je le gardais pour moi et j’encaissais sans rien dire.

Un soir, juste après les cours, je me tenais debout dans le préau à attendre mon père ou ma mère qui devait venir me chercher. J’étais seul et je lisais le panneau d’informations accrochait sur le mur. Quelques secondes plus tard, Cécile arriva, son cartable sur le dos et me regarda. Elle marchait vers la sortie et m’insulta, le sourire aux lèvres : « P’tit pédé, p’tit pédé, p’tit pédé… ». Je ne dis rien, je fis semblant de ne rien entendre tout en continuant à lire les notes sur le mur.

Je me suis souvent remémoré cette scène, elle me hante presque. Quand j’y repense, j’ai des envies de violences terribles : je me vois pousser cette fille, je me vois lui fracasser la tête contre le mur pour la faire taire et pour lui effacer ce sourire avec lequel elle m’insultait.

mardi 19 juin 2007

ENTREE EN 6EME

Nous sommes en septembre 1988 et je fais mon entrée en 6ème. Il faut savoir que l'école dans laquelle je suis, est la même depuis le CP. Mes parents avaient choisi cet établissement privé pour la qualité de son enseignement car ils voulaient le meilleur pour moi et mon père avait de grandes attentes me concernant. De plus, l'école était très proche de la maison de mes grands-parents, ce qui permettait d'aller déjeuner tous les midis chez eux et facilitait également les allées le matin et retours le soir après les cours.

Quand j'y repense, c'est vrai que le changement est vraiment important pour un gamin de 12 ans qui passe du CM2 à la 6ème. D'un seul professeur (ou deux dans mon cas), on passe à 12 différents. D'une seule classe pour tous les cours, on se retrouve à arpenter toute l'école pour changer de salle toutes les heures et il y a également le fameux mercredi matin qui devient scolaire alors qu'on serait tellement mieux dans son lit à regarder le Club Dorothée jusqu'à midi.

Mais le changement le plus important est mental. Du monde de l'enfance, le passage en 6ème marque l'entrée dans le monde de l'adolescence avec ses avantages mais surtout ses inconvénients et ses dures réalités. On dit que les filles sont toujours en avance par rapport aux garçons. Et c'est effectivement le cas ici. Je ne me souviens plus exactement comment les choses ont commencé mais je me souviens parfaitement qu'elles étaient deux à avoir tourné toute la classe contre moi dans un "jeu" qui allait durer des années et qui allait former mon caractère jusqu'à aujourd'hui.

"Elles" se prénomment Aurélie et Cécile. Un jour, l'une d'elles me lança à haute voix : "Pédé!".

jeudi 14 juin 2007

COMMENCEMENT

Commençons par le commencement. J'ai grandi dans une petite famille unie de province. Je n'ai pas été spécialement un garçon turbulent ni super calme non plus, disons que j'étais dans la moyenne des enfants de mon âge. Mes parents m'ont bien éduqué et j'étais ce qu'on pouvait appeler un garçon plutôt "gâté". Même dans les moments plus difficiles financièrement, mes parents ont toujours fait passer mes intérêts avant les leurs afin que je ne manque de rien.

Tous les ans, on partait dans le sud dans un appartement acheté par mes grand-parents. J'y retrouvais mes copains de vacances et je garde de très bons souvenirs des périodes estivales.

D'un point de vue scolaire, de ma première année de maternelle jusqu'à la classe de CM2, rien à signaler, je n'étais pas forcement le meilleur ni le moins bon des élèves et tout se déroula dans "la normalité". On me disait charmeur, avec du recul, je dirais plutôt que j'étais un gros "faillot".
J'avais des amis : Julien, Jérémy, Stéphane et tous les ans, ma mère m'organisait un goûter d'anniversaire avec les copains et les copines de la classe qui venaient à la maison.

A la fin de la CM2, je suis passé en 6e de justesse. Mes notes étaient à la limite, mais mes souvenirs me portent à croire que j'avais dû dramatiser ma situation auprès de mes deux institutrices pour qu'elles me laissent passer en classe supérieure.

A cette époque, je ne m'imaginais pas que l'année qui allait suivre, allait être le début de mon cauchemar...

PRESENTATION

Bonjour, à toi ou bonjour à vous.

Voilà mon histoire : j'ai 30 ans aujourd'hui, je suis un garçon ;) et je vis à Paris depuis maintenant huit ans. Derrière mon côté sympa et charmant que peuvent me donner les gens, je suis quelqu'un de très malheureux. Certes, j'ai un travail qui me plaît, j'ai quelques amis, j'ai des parents et une famille qui m'aiment mais personne ne sait vraiment comment je peux être mal dans ma peau depuis tellement longtemps.

Il y a quelques années, j'ai été malade, je faisais des malaises mais personne ne pouvait mettre un nom sur ce que j'avais. Quelques longs mois plus tard, un médecin a réussi à me soigner mais je reste encore fragile par moment (je ne suis pas non plus au bord de la mort, je vous rassure...). Est-ce que ces malaises étaient dû au stress et à ce que j'avais au fond de moi et que je rumine sans même le vouloir ? Je suis allé voir un psy sur les conseils d'un ami. Ce médecin après quelques minutes m'a dit qu'il ne pouvait rien faire pour moi et que j'étais en excellente santé "mentale".

Mais j'ai toujours ce trop plein de choses en moi... mais je n'arrive pas à l'évacuer. Il y a quelques mois ou semaines, une collègue de travail avec qui je suis très proche, fît une analyse de ma personne suite à un travail que j'avais effectué (bien évidemment, sachez que je suis quelqu'un de très secret et que je ne parle jamais de moi à personne, même mes proches). Cette collègue est très bonne psychologue et sa réflexion était juste. Je lui dévoila un peu de moi-même (sans tout déballer) pour lui donner raison mais plus je parlais, plus des larmes me venaient aux yeux. Je me suis arrêté et j'ai changé de sujet avant que je ne me mettre à pleurer devant elle. Je lui parla de ma séance chez le psy et vu mon état, elle me conseilla vivement de retourner en voir un autre.

Ce jour fût comme un déclencheur car finalement, si tout allait bien comme je pouvais le penser, est-ce que je me mettrais à pleurer dès que je creuse sur ma propre personne ? Il n'y a pas une journée sans que je me retourne sur mon passé et mon mal être...

Avant de me décider à chercher un éventuel nouveau psy, je me suis dit qu'il serait plus facile de tout raconter sur un blog... et vous y êtes. Voici mon histoire...

Bien évidemment, tout au long de ce blog, les noms et les lieux seront volontairement changés afin de garder mon anonyma.