Nous sommes en décembre et Noël approche. Mon père souhaite acheter une caméra vidéo pour filmer les repas de famille et ainsi garder de bons souvenirs. Je suis très excité par l'idée et je l'accompagne au magasin pour acheter l'objet en question. Quelques jours plus tard, la caméra sur pied est devant moi, je la fixe. Dans ma tête, je me pose encore et toujours les mêmes questions de savoir pourquoi tant d'insultes depuis toutes ces années, pourquoi ces rejets, pourquoi je n'ai jamais réussi à m'intégrer, pourquoi on ne m'aime pas... Je me suis souvent regardé dans la glace de la salle de bain, je fais semblant de parler, de "mimer" des gestes, des attitudes afin de voir si j'ai vraiment l'air si "anormal" que ça. Je décide de brancher la caméra et de me filmer.
Je fais, sans le savoir, de la télé réalité avant l'heure en plaçant la caméra dans les coins de ma chambre et de la maison. Mon but, réussir à oublier que je suis filmé afin de vivre et agir normalement. Ma mère entre pour ranger du linge, je me lève, je parle. Ma soeur entre à son tour, nous discutons. Quelques longues minutes plus tard, je regarde le film et tente d'analyser mes faits et gestes.
A priori, rien d'extraordinaire. Ma soeur me raconte une histoire, je suis assis sur une chaise, je croise les jambes et rigole en oubliant pour la première fois que j'étais filmé. Je me rends compte que mon geste est légèrement efféminé. Je me le repasse encore et encore pour en être sûr, finalement je fais une fixation sur cet instant et me pose la question de savoir si ça m'arrive souvent et si c'est ce qui me cause autant de problèmes face aux autres.
Les semaines passent. Un soir, je suis allongé sur mon lit en lisant une bande dessinée. Ma mère entre dans la chambre, s'installe sur le bord, caresse mon genoux et me demande si tout va bien. Je réponds toujours "oui" dans ces cas-là. Elle s'inquiète de mon avenir, me re-demande si je suis heureux et si l'école actuelle me plaît. Me voyant triste, elle veut savoir si des études dans l'architecture et le design me plairaient. Je relève la tête, surpris de cette question. Je n'y avais jamais pensé mais l'idée m'excite beaucoup. J'ai toujours beaucoup dessiné mais je n'avais jamais pensé pouvoir en faire un métier. Le visage inquiet de ma mère semble s'éclaircir à me voir sourire de cette proposition. Le week-end suivant, alors que nous déjeunions chez des amis de mes parents, mon père m'emmène à la journée portes ouvertes de l'école. L'établissement me plaît beaucoup.
Je me décide à passer les concours d'entrée. Je suis reçu et pour la première fois, l'avenir me semble moins sombre. Je suis content et retrouve le sourire. Je termine ma première année de BEP avec de bons résultats mais j'annonce aux professeurs que j'arrête le cycle et que je ne reviendrai pas à la rentrée prochaine.
L'été arrive, il commence à faire très chaud et je me demande déjà comment se passera la rentrée suivante.
mercredi 10 février 2010
dimanche 7 février 2010
MAGAZINES
A côté de ça, malgré tout, bien sûr que j'aimais les garçons mais inconsciemment, c'est comme si les insultes et le fait de fantasmer sur les mecs n'avaient rien à voir !
J'avais un pote, un ancien de mon dernier collège, Ludovic. On se voyait parfois chez lui, parfois chez moi. Il était plus âgé et je rêvais "d'expérimenter" plein de choses avec lui ! Quand il venait dormir chez moi, je faisais tout pour essayer de le voir à poil, lui tendre des perches pour se masturber ou encore lui proposer "pour rigoler" de faire des petits jeux coquins... en vain, il n'a jamais répondu à mon appel.
A cette époque, la masturbation dans les WC ou au fond de mon lit commençait à me lasser. Mon objectif ? Trouver un magazine ou mieux, un film gay pour enfin voir "en vrai" des mecs baiser avec d'autres mecs. Cependant, j'étais encore mineur, vivant en province et à l'époque pas d'internet comme maintenant. Chaque fois que j'allais à la librairie, je ne pouvais m'empêcher de lever discrètement les yeux vers les magazines pour adultes et je sentais mon coeur battre quand je voyais les couvertures de journaux gays montrant un mec bodybuildé en slip blanc. Mon obsession était claire : m'en procurer un !
Un jour de vacances, Ludovic me propose de faire un tour. Je lui demande s'il peut me rendre un service. J'imagine alors une histoire complètement surréaliste : "Un pote va fêter ses 18 ans et on souhaite lui acheter des pornos pour se marrer mais pour se foutre de sa gueule, on veut lui en acheter un gay...". Je n'ai jamais su vraiment si Ludovic avait compris le mensonge, mais trouvant l'idée "drôle" il accepte d'aller m'acheter le magazine ! Il n'était pas majeur non plus mais son physique pouvait laisser croire que c'était le cas. Ludovic rentre dans la librairie, j'attends à l'extérieur. Il sort, cachant sous son blouson, l'objet en question. Je trépignais d'impatience à l'idée de me retrouver seul chez moi pour feuilleter l'objet désiré.
Enfin à la maison, mon coeur bat très fort, j'ouvre le magazine. Je fantasme sur ce que je découvre, je me masturbe. A partir de ce moment, c'est la boite de Pandore qui vient de s'ouvrir : un magazine ne me suffit pas, il m'en faut d'autres... J'ai décidément beaucoup de potes qui fêteront leurs 18ans (rires) et Ludovic acceptera de m'en acheter de nouveau puis je tenterai de m'en procurer par moi-même.
Quelques mois plus tard, j'ai deux nouvelles idées en tête : le papier glacé ne me suffit plus, je veux maintenant me procurer un film. L'autre chose, qui deviendra un fantasme d'ado : porter, à mon tour, la même marque de slips blancs (encore inconnue en France à l'époque) que tous les "mannequins" de mes revues porno : Calvin Klein.
J'avais un pote, un ancien de mon dernier collège, Ludovic. On se voyait parfois chez lui, parfois chez moi. Il était plus âgé et je rêvais "d'expérimenter" plein de choses avec lui ! Quand il venait dormir chez moi, je faisais tout pour essayer de le voir à poil, lui tendre des perches pour se masturber ou encore lui proposer "pour rigoler" de faire des petits jeux coquins... en vain, il n'a jamais répondu à mon appel.
A cette époque, la masturbation dans les WC ou au fond de mon lit commençait à me lasser. Mon objectif ? Trouver un magazine ou mieux, un film gay pour enfin voir "en vrai" des mecs baiser avec d'autres mecs. Cependant, j'étais encore mineur, vivant en province et à l'époque pas d'internet comme maintenant. Chaque fois que j'allais à la librairie, je ne pouvais m'empêcher de lever discrètement les yeux vers les magazines pour adultes et je sentais mon coeur battre quand je voyais les couvertures de journaux gays montrant un mec bodybuildé en slip blanc. Mon obsession était claire : m'en procurer un !
Un jour de vacances, Ludovic me propose de faire un tour. Je lui demande s'il peut me rendre un service. J'imagine alors une histoire complètement surréaliste : "Un pote va fêter ses 18 ans et on souhaite lui acheter des pornos pour se marrer mais pour se foutre de sa gueule, on veut lui en acheter un gay...". Je n'ai jamais su vraiment si Ludovic avait compris le mensonge, mais trouvant l'idée "drôle" il accepte d'aller m'acheter le magazine ! Il n'était pas majeur non plus mais son physique pouvait laisser croire que c'était le cas. Ludovic rentre dans la librairie, j'attends à l'extérieur. Il sort, cachant sous son blouson, l'objet en question. Je trépignais d'impatience à l'idée de me retrouver seul chez moi pour feuilleter l'objet désiré.
Enfin à la maison, mon coeur bat très fort, j'ouvre le magazine. Je fantasme sur ce que je découvre, je me masturbe. A partir de ce moment, c'est la boite de Pandore qui vient de s'ouvrir : un magazine ne me suffit pas, il m'en faut d'autres... J'ai décidément beaucoup de potes qui fêteront leurs 18ans (rires) et Ludovic acceptera de m'en acheter de nouveau puis je tenterai de m'en procurer par moi-même.
Quelques mois plus tard, j'ai deux nouvelles idées en tête : le papier glacé ne me suffit plus, je veux maintenant me procurer un film. L'autre chose, qui deviendra un fantasme d'ado : porter, à mon tour, la même marque de slips blancs (encore inconnue en France à l'époque) que tous les "mannequins" de mes revues porno : Calvin Klein.
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MOI CONTRE LES AUTRES
Ma première année de BEP est en cours, les mois s'enchainent mais je n'aime toujours pas ce que je fais malgré des résultats très correctes. Je n'arrive pas apprécier vraiment les élèves qui m'entourent malgré certains très sympathiques : Jérémie, le sportif qui croit dur comme fer qu'il deviendra footballeur pro (il deviendra flic), Alain plus âgé que moi et déjà père d'un petit garçon sans oublier 95% des autres élèves de ma classe : les filles, mais avec qui je n'ai aucun point commun, ni affinité. Comme je le disais précédemment, je n'avais pas de soucis en particulier et les moqueries des années passées étaient derrière moi... du moins c'est ce que je pensais. Un jour, Isabelle et Sophie viennent me voir dans la cours de récréation. Sourire aux lèvres, Sophie me demande : "est-ce que t'es pédé ?". Je suis resté immobile. Comme si un éclat de verre éclatait dans ma tête, comme si, cette simple question, faisait revenir, d'un coup violent, toutes les insultes que j'avais encaissé depuis maintenant cinq ans. J'ai regardé les filles qui impatientes, attendaient ma réponse : j'ai répondu que "non". Déçues à priori de ma réponse, elles sont reparties. Ces filles que j'appréciais pourtant, étaient devenues à mes yeux, mes deux nouvelles bêtes noires, elle représentaient maintenant tous ceux qui m'avaient insultés auparavant. J'ai essayé par la suite de "pardonner" car après tout, elles ne faisaient que me poser une question "innocente". Après ce jour cependant, je n'ai plus eu de commentaires, ni insultes, ni remarques mais le "mal" était fait, j'étais marqué, je me suis de nouveau senti très mal.
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mardi 2 février 2010
PLEINE ADOLESCENCE
Comme souvent le samedi, mes parents partent diner jusqu'à très tard chez des amis. Ce soir-là, je reste à la maison avec Paul qui est venu dormir. Nous mangeons ensemble, jouons aux jeux vidéo, regardons la télé et discutons. Depuis quelques années, chaque fois que je dors chez Paul, on se masturbe mutuellement et on se suce. Il arrive parfois qu'on le fasse à trois quand Nicolas est avec nous. Paul est assez beau garçon, il a un côté "viril". Depuis qu'on est petits et comme je l'avais déjà souligné ici, nos parents "s'amusent" à nous comparer mais Paul a souvent eu l'avantage sur le plan physique... et scolaire. Paul a toujours été plus grand et a aussi... un plus gros sexe que moi. Bien que le mien soit tout à fait honorable et au-dessus de la moyenne, celui de Paul bat des records. Sexe plus long, très épais et légérement "incurvé" comme une banane. Ce soir-là, il me propose comme à chaque fois que nous dormons ensemble, de "nous détendre". Je m'éxécute avec plaisir mais n'ose pas lui demander de nouvelles choses comme l'embrasser ou me frotter contre lui, de peur de me faire insulter de "pédé". C'est également toujours lui qui propose ce genre d'ébats. Moi j'y pense bien sûr souvent mais j'attends à chaque fois avec impatience que ça soit lui qui propose de passer à l'action. Alors que nous étions entrain de nous masturber, Paul me propose "d'essayer de nous enculer". J'avoue que je n'avais jamais vraiment pensé à cette option, elle ira même jusqu'à me surprendre au début. Déjà très responsables, il n'est pas question de le faire sans préservatifs. Je cours sous le lit de la chambre de mes parents, où se cache une boîte pleine. Sur le coup, je stress à l'idée que mon père puisse compter les capotes dans la boîte et se rende compte de l'emprunt, mais l'excitation de cette nouvelle expérience ne me fait pas culpabiliser longtemps. Paul est à quatre pattes sur la moquette de ma chambre, je mets un préservatif, pose mes mains sur ses fesses, tente de le pénétrer mais le manque de lubrifiant et la douleur lui feront renoncer à l'acte. Il essayera à son tour de me prendre, en vain.
Comme à chaque fois, nous ne reparlerons pas de cette expérience qui sera aussi la dernière. En effet, le temps passe, nous n'aurons plus l'occasion de redormir ensemble et nous ne nous reverrons que très rarement par la suite. Paul sort avec ses amis, fume, boit, écoute Nirvana... Je suis loin de cet univers, très loin. J'ai bien tenté de fumer une fois pour faire comme les autres mais je crapotais et on s'est foutu de ma gueule. Pour le coup, j'avais déjà assez à faire avec les insultes répétées sans vouloir y rajouter une nouvelle raison de s'acharner contre moi. Paul continuait à sortir avec Nicolas (l'autre voisin) et sont devenus les meilleurs amis du monde.
Un jour, ils m'invitèrent à une soirée. Le genre de regroupement où il y a beaucoup d'étudiants, de filles et où tout le monde fume et boit beaucoup d'alcool. Je suis resté assis sur une chaise pendant des heures. Je ne me sentais pas à l'aise, j'étais triste. Je décide de faire un tour dehors et je croise Nicolas, je vais pour lui parler, il me dit "casse-toi" car une fille avec qui il veut sortir s'avance vers nous. Je retourne à l'intérieur de la maison.
Une autre fois, même ambiance, même "équipe"... Tout le monde "s'amuse" à boire, tout le monde rigole, tout le monde est bourré et Kurt Cobain continue de hurler ses mêmes insupportables refrains en boucle. Je marche dans le couloir, des filles sont assises par terre. Nicolas demande à l'une d'entre elles si tout va bien. La fille est ivre. Il lui met la main sous la jupe et la doigte. J'ai du mal à croire ce que je vois, je suis dégouté. Nicolas me regarde et rigole.
J'en ai marre et je me demande ce que je fais là. Je n'attends qu'une chose, que mon père vienne me chercher. Le problème, il ramène plusieurs personnes dont Nicolas et Paul, je ne peux donc pas lui téléphoner tout de suite. Il pleut, je reste dehors sous la pluie, je suis trempé. Je me pose alors deux questions : pourquoi ai-je accepté de venir ici et pourquoi Paul et Nico continuent de m'inviter alors qu'on a rien en commun. Je relève la tête et une idée me traverse l'esprit : "Et si je rentre chez moi bourré, mes parents fachés m'interdiront peut-être d'y retourner une prochaine fois".
Ni une, ni deux, je fonce vers le bar et bois une vodka orange cul sec. Je grimace, déteste le goût amer du brevage et refuse d'en d'absorber davantage. Je joue donc la comédie et fais semblant d'être ivre même si le premier verre me fait, tout de même, un peu tourner la tête. Mon jeu fonctionne, Paul et Nicolas éclatent de rire et me voilà "star" de la soirée. Deux de leurs copines viennent me demander si tout va bien... Je réponds que oui. On vient me parler, on s'intéresse à moi parce que je suis bourré. Je suis consterné mais en même temps, je continue "de jouer". Mon père vient nous chercher et nous rentrons. A la maison, mes parents me regardent, je suis toujours dans mon jeu. Ils explosent de rire. Le lendemain, j'espere donc me faire gronder mais c'est l'inverse qui se produit : mes parents se foutent de ma gueule, je suis devenu malgré moi le "héros" du jour, ma mère appelle celles de Paul et Nicolas pour plaisanter. Limite, on me félicite ! Mon plan est un fiasco. Je suis vexé et en colère.
Quelques jours plus tard, je discute avec mon grand-père et j'apprends la raison pour laquelle je suis "vraiment" invité aux soirées des garçons : C'est ma mère et celle de Paul qui "s'arrangent" pour me faire inviter aux soirées, trouvant que je suis trop coincé !
Je pars faire un tour dans le jardin, je suis dépité de cette confidence.
Je décline toutes les soirées suivantes et on cessera de m'inviter par la suite. En revanche, presque 15 ans après, on me parle encore de celle où l'on m'a vu "bourré". Agacé, l'an dernier j'avoue à mes parents mon petit jeu sans toutefois raconter tout ce que vous venez de lire. Dubitatif, mon père haussa les épaules et me répondit "Oui oui bien sûr"...
Depuis cette période, je n'ai plus jamais revu Nicolas, avec qui je n'étais pas très proche cependant. Ce dernier vît aujourd'hui au Brésil et s'est marié. Quant à Paul, on ne s'est pas revu non plus ou juste croisés occasionnellement. Il est également marié, il a trois enfants.
Comme à chaque fois, nous ne reparlerons pas de cette expérience qui sera aussi la dernière. En effet, le temps passe, nous n'aurons plus l'occasion de redormir ensemble et nous ne nous reverrons que très rarement par la suite. Paul sort avec ses amis, fume, boit, écoute Nirvana... Je suis loin de cet univers, très loin. J'ai bien tenté de fumer une fois pour faire comme les autres mais je crapotais et on s'est foutu de ma gueule. Pour le coup, j'avais déjà assez à faire avec les insultes répétées sans vouloir y rajouter une nouvelle raison de s'acharner contre moi. Paul continuait à sortir avec Nicolas (l'autre voisin) et sont devenus les meilleurs amis du monde.
Un jour, ils m'invitèrent à une soirée. Le genre de regroupement où il y a beaucoup d'étudiants, de filles et où tout le monde fume et boit beaucoup d'alcool. Je suis resté assis sur une chaise pendant des heures. Je ne me sentais pas à l'aise, j'étais triste. Je décide de faire un tour dehors et je croise Nicolas, je vais pour lui parler, il me dit "casse-toi" car une fille avec qui il veut sortir s'avance vers nous. Je retourne à l'intérieur de la maison.
Une autre fois, même ambiance, même "équipe"... Tout le monde "s'amuse" à boire, tout le monde rigole, tout le monde est bourré et Kurt Cobain continue de hurler ses mêmes insupportables refrains en boucle. Je marche dans le couloir, des filles sont assises par terre. Nicolas demande à l'une d'entre elles si tout va bien. La fille est ivre. Il lui met la main sous la jupe et la doigte. J'ai du mal à croire ce que je vois, je suis dégouté. Nicolas me regarde et rigole.
J'en ai marre et je me demande ce que je fais là. Je n'attends qu'une chose, que mon père vienne me chercher. Le problème, il ramène plusieurs personnes dont Nicolas et Paul, je ne peux donc pas lui téléphoner tout de suite. Il pleut, je reste dehors sous la pluie, je suis trempé. Je me pose alors deux questions : pourquoi ai-je accepté de venir ici et pourquoi Paul et Nico continuent de m'inviter alors qu'on a rien en commun. Je relève la tête et une idée me traverse l'esprit : "Et si je rentre chez moi bourré, mes parents fachés m'interdiront peut-être d'y retourner une prochaine fois".
Ni une, ni deux, je fonce vers le bar et bois une vodka orange cul sec. Je grimace, déteste le goût amer du brevage et refuse d'en d'absorber davantage. Je joue donc la comédie et fais semblant d'être ivre même si le premier verre me fait, tout de même, un peu tourner la tête. Mon jeu fonctionne, Paul et Nicolas éclatent de rire et me voilà "star" de la soirée. Deux de leurs copines viennent me demander si tout va bien... Je réponds que oui. On vient me parler, on s'intéresse à moi parce que je suis bourré. Je suis consterné mais en même temps, je continue "de jouer". Mon père vient nous chercher et nous rentrons. A la maison, mes parents me regardent, je suis toujours dans mon jeu. Ils explosent de rire. Le lendemain, j'espere donc me faire gronder mais c'est l'inverse qui se produit : mes parents se foutent de ma gueule, je suis devenu malgré moi le "héros" du jour, ma mère appelle celles de Paul et Nicolas pour plaisanter. Limite, on me félicite ! Mon plan est un fiasco. Je suis vexé et en colère.
Quelques jours plus tard, je discute avec mon grand-père et j'apprends la raison pour laquelle je suis "vraiment" invité aux soirées des garçons : C'est ma mère et celle de Paul qui "s'arrangent" pour me faire inviter aux soirées, trouvant que je suis trop coincé !
Je pars faire un tour dans le jardin, je suis dépité de cette confidence.
Je décline toutes les soirées suivantes et on cessera de m'inviter par la suite. En revanche, presque 15 ans après, on me parle encore de celle où l'on m'a vu "bourré". Agacé, l'an dernier j'avoue à mes parents mon petit jeu sans toutefois raconter tout ce que vous venez de lire. Dubitatif, mon père haussa les épaules et me répondit "Oui oui bien sûr"...
Depuis cette période, je n'ai plus jamais revu Nicolas, avec qui je n'étais pas très proche cependant. Ce dernier vît aujourd'hui au Brésil et s'est marié. Quant à Paul, on ne s'est pas revu non plus ou juste croisés occasionnellement. Il est également marié, il a trois enfants.
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