mercredi 10 février 2010

NOUVEAU DEPART ?

Nous sommes en décembre et Noël approche. Mon père souhaite acheter une caméra vidéo pour filmer les repas de famille et ainsi garder de bons souvenirs. Je suis très excité par l'idée et je l'accompagne au magasin pour acheter l'objet en question. Quelques jours plus tard, la caméra sur pied est devant moi, je la fixe. Dans ma tête, je me pose encore et toujours les mêmes questions de savoir pourquoi tant d'insultes depuis toutes ces années, pourquoi ces rejets, pourquoi je n'ai jamais réussi à m'intégrer, pourquoi on ne m'aime pas... Je me suis souvent regardé dans la glace de la salle de bain, je fais semblant de parler, de "mimer" des gestes, des attitudes afin de voir si j'ai vraiment l'air si "anormal" que ça. Je décide de brancher la caméra et de me filmer.

Je fais, sans le savoir, de la télé réalité avant l'heure en plaçant la caméra dans les coins de ma chambre et de la maison. Mon but, réussir à oublier que je suis filmé afin de vivre et agir normalement. Ma mère entre pour ranger du linge, je me lève, je parle. Ma soeur entre à son tour, nous discutons. Quelques longues minutes plus tard, je regarde le film et tente d'analyser mes faits et gestes.
A priori, rien d'extraordinaire. Ma soeur me raconte une histoire, je suis assis sur une chaise, je croise les jambes et rigole en oubliant pour la première fois que j'étais filmé. Je me rends compte que mon geste est légèrement efféminé. Je me le repasse encore et encore pour en être sûr, finalement je fais une fixation sur cet instant et me pose la question de savoir si ça m'arrive souvent et si c'est ce qui me cause autant de problèmes face aux autres.

Les semaines passent. Un soir, je suis allongé sur mon lit en lisant une bande dessinée. Ma mère entre dans la chambre, s'installe sur le bord, caresse mon genoux et me demande si tout va bien. Je réponds toujours "oui" dans ces cas-là. Elle s'inquiète de mon avenir, me re-demande si je suis heureux et si l'école actuelle me plaît. Me voyant triste, elle veut savoir si des études dans l'architecture et le design me plairaient. Je relève la tête, surpris de cette question. Je n'y avais jamais pensé mais l'idée m'excite beaucoup. J'ai toujours beaucoup dessiné mais je n'avais jamais pensé pouvoir en faire un métier. Le visage inquiet de ma mère semble s'éclaircir à me voir sourire de cette proposition. Le week-end suivant, alors que nous déjeunions chez des amis de mes parents, mon père m'emmène à la journée portes ouvertes de l'école. L'établissement me plaît beaucoup.

Je me décide à passer les concours d'entrée. Je suis reçu et pour la première fois, l'avenir me semble moins sombre. Je suis content et retrouve le sourire. Je termine ma première année de BEP avec de bons résultats mais j'annonce aux professeurs que j'arrête le cycle et que je ne reviendrai pas à la rentrée prochaine.

L'été arrive, il commence à faire très chaud et je me demande déjà comment se passera la rentrée suivante.

dimanche 7 février 2010

MAGAZINES

A côté de ça, malgré tout, bien sûr que j'aimais les garçons mais inconsciemment, c'est comme si les insultes et le fait de fantasmer sur les mecs n'avaient rien à voir !

J'avais un pote, un ancien de mon dernier collège, Ludovic. On se voyait parfois chez lui, parfois chez moi. Il était plus âgé et je rêvais "d'expérimenter" plein de choses avec lui ! Quand il venait dormir chez moi, je faisais tout pour essayer de le voir à poil, lui tendre des perches pour se masturber ou encore lui proposer "pour rigoler" de faire des petits jeux coquins... en vain, il n'a jamais répondu à mon appel.
A cette époque, la masturbation dans les WC ou au fond de mon lit commençait à me lasser. Mon objectif ? Trouver un magazine ou mieux, un film gay pour enfin voir "en vrai" des mecs baiser avec d'autres mecs. Cependant, j'étais encore mineur, vivant en province et à l'époque pas d'internet comme maintenant. Chaque fois que j'allais à la librairie, je ne pouvais m'empêcher de lever discrètement les yeux vers les magazines pour adultes et je sentais mon coeur battre quand je voyais les couvertures de journaux gays montrant un mec bodybuildé en slip blanc. Mon obsession était claire : m'en procurer un !

Un jour de vacances, Ludovic me propose de faire un tour. Je lui demande s'il peut me rendre un service. J'imagine alors une histoire complètement surréaliste : "Un pote va fêter ses 18 ans et on souhaite lui acheter des pornos pour se marrer mais pour se foutre de sa gueule, on veut lui en acheter un gay...". Je n'ai jamais su vraiment si Ludovic avait compris le mensonge, mais trouvant l'idée "drôle" il accepte d'aller m'acheter le magazine ! Il n'était pas majeur non plus mais son physique pouvait laisser croire que c'était le cas. Ludovic rentre dans la librairie, j'attends à l'extérieur. Il sort, cachant sous son blouson, l'objet en question. Je trépignais d'impatience à l'idée de me retrouver seul chez moi pour feuilleter l'objet désiré.
Enfin à la maison, mon coeur bat très fort, j'ouvre le magazine. Je fantasme sur ce que je découvre, je me masturbe. A partir de ce moment, c'est la boite de Pandore qui vient de s'ouvrir : un magazine ne me suffit pas, il m'en faut d'autres... J'ai décidément beaucoup de potes qui fêteront leurs 18ans (rires) et Ludovic acceptera de m'en acheter de nouveau puis je tenterai de m'en procurer par moi-même.

Quelques mois plus tard, j'ai deux nouvelles idées en tête : le papier glacé ne me suffit plus, je veux maintenant me procurer un film. L'autre chose, qui deviendra un fantasme d'ado : porter, à mon tour, la même marque de slips blancs (encore inconnue en France à l'époque) que tous les "mannequins" de mes revues porno : Calvin Klein.

MOI CONTRE LES AUTRES

Ma première année de BEP est en cours, les mois s'enchainent mais je n'aime toujours pas ce que je fais malgré des résultats très correctes. Je n'arrive pas apprécier vraiment les élèves qui m'entourent malgré certains très sympathiques : Jérémie, le sportif qui croit dur comme fer qu'il deviendra footballeur pro (il deviendra flic), Alain plus âgé que moi et déjà père d'un petit garçon sans oublier 95% des autres élèves de ma classe : les filles, mais avec qui je n'ai aucun point commun, ni affinité. Comme je le disais précédemment, je n'avais pas de soucis en particulier et les moqueries des années passées étaient derrière moi... du moins c'est ce que je pensais. Un jour, Isabelle et Sophie viennent me voir dans la cours de récréation. Sourire aux lèvres, Sophie me demande : "est-ce que t'es pédé ?". Je suis resté immobile. Comme si un éclat de verre éclatait dans ma tête, comme si, cette simple question, faisait revenir, d'un coup violent, toutes les insultes que j'avais encaissé depuis maintenant cinq ans. J'ai regardé les filles qui impatientes, attendaient ma réponse : j'ai répondu que "non". Déçues à priori de ma réponse, elles sont reparties. Ces filles que j'appréciais pourtant, étaient devenues à mes yeux, mes deux nouvelles bêtes noires, elle représentaient maintenant tous ceux qui m'avaient insultés auparavant. J'ai essayé par la suite de "pardonner" car après tout, elles ne faisaient que me poser une question "innocente". Après ce jour cependant, je n'ai plus eu de commentaires, ni insultes, ni remarques mais le "mal" était fait, j'étais marqué, je me suis de nouveau senti très mal.

mardi 2 février 2010

PLEINE ADOLESCENCE

Comme souvent le samedi, mes parents partent diner jusqu'à très tard chez des amis. Ce soir-là, je reste à la maison avec Paul qui est venu dormir. Nous mangeons ensemble, jouons aux jeux vidéo, regardons la télé et discutons. Depuis quelques années, chaque fois que je dors chez Paul, on se masturbe mutuellement et on se suce. Il arrive parfois qu'on le fasse à trois quand Nicolas est avec nous. Paul est assez beau garçon, il a un côté "viril". Depuis qu'on est petits et comme je l'avais déjà souligné ici, nos parents "s'amusent" à nous comparer mais Paul a souvent eu l'avantage sur le plan physique... et scolaire. Paul a toujours été plus grand et a aussi... un plus gros sexe que moi. Bien que le mien soit tout à fait honorable et au-dessus de la moyenne, celui de Paul bat des records. Sexe plus long, très épais et légérement "incurvé" comme une banane. Ce soir-là, il me propose comme à chaque fois que nous dormons ensemble, de "nous détendre". Je m'éxécute avec plaisir mais n'ose pas lui demander de nouvelles choses comme l'embrasser ou me frotter contre lui, de peur de me faire insulter de "pédé". C'est également toujours lui qui propose ce genre d'ébats. Moi j'y pense bien sûr souvent mais j'attends à chaque fois avec impatience que ça soit lui qui propose de passer à l'action. Alors que nous étions entrain de nous masturber, Paul me propose "d'essayer de nous enculer". J'avoue que je n'avais jamais vraiment pensé à cette option, elle ira même jusqu'à me surprendre au début. Déjà très responsables, il n'est pas question de le faire sans préservatifs. Je cours sous le lit de la chambre de mes parents, où se cache une boîte pleine. Sur le coup, je stress à l'idée que mon père puisse compter les capotes dans la boîte et se rende compte de l'emprunt, mais l'excitation de cette nouvelle expérience ne me fait pas culpabiliser longtemps. Paul est à quatre pattes sur la moquette de ma chambre, je mets un préservatif, pose mes mains sur ses fesses, tente de le pénétrer mais le manque de lubrifiant et la douleur lui feront renoncer à l'acte. Il essayera à son tour de me prendre, en vain.

Comme à chaque fois, nous ne reparlerons pas de cette expérience qui sera aussi la dernière. En effet, le temps passe, nous n'aurons plus l'occasion de redormir ensemble et nous ne nous reverrons que très rarement par la suite. Paul sort avec ses amis, fume, boit, écoute Nirvana... Je suis loin de cet univers, très loin. J'ai bien tenté de fumer une fois pour faire comme les autres mais je crapotais et on s'est foutu de ma gueule. Pour le coup, j'avais déjà assez à faire avec les insultes répétées sans vouloir y rajouter une nouvelle raison de s'acharner contre moi. Paul continuait à sortir avec Nicolas (l'autre voisin) et sont devenus les meilleurs amis du monde.

Un jour, ils m'invitèrent à une soirée. Le genre de regroupement où il y a beaucoup d'étudiants, de filles et où tout le monde fume et boit beaucoup d'alcool. Je suis resté assis sur une chaise pendant des heures. Je ne me sentais pas à l'aise, j'étais triste. Je décide de faire un tour dehors et je croise Nicolas, je vais pour lui parler, il me dit "casse-toi" car une fille avec qui il veut sortir s'avance vers nous. Je retourne à l'intérieur de la maison.

Une autre fois, même ambiance, même "équipe"... Tout le monde "s'amuse" à boire, tout le monde rigole, tout le monde est bourré et Kurt Cobain continue de hurler ses mêmes insupportables refrains en boucle. Je marche dans le couloir, des filles sont assises par terre. Nicolas demande à l'une d'entre elles si tout va bien. La fille est ivre. Il lui met la main sous la jupe et la doigte. J'ai du mal à croire ce que je vois, je suis dégouté. Nicolas me regarde et rigole.

J'en ai marre et je me demande ce que je fais là. Je n'attends qu'une chose, que mon père vienne me chercher. Le problème, il ramène plusieurs personnes dont Nicolas et Paul, je ne peux donc pas lui téléphoner tout de suite. Il pleut, je reste dehors sous la pluie, je suis trempé. Je me pose alors deux questions : pourquoi ai-je accepté de venir ici et pourquoi Paul et Nico continuent de m'inviter alors qu'on a rien en commun. Je relève la tête et une idée me traverse l'esprit : "Et si je rentre chez moi bourré, mes parents fachés m'interdiront peut-être d'y retourner une prochaine fois".
Ni une, ni deux, je fonce vers le bar et bois une vodka orange cul sec. Je grimace, déteste le goût amer du brevage et refuse d'en d'absorber davantage. Je joue donc la comédie et fais semblant d'être ivre même si le premier verre me fait, tout de même, un peu tourner la tête. Mon jeu fonctionne, Paul et Nicolas éclatent de rire et me voilà "star" de la soirée. Deux de leurs copines viennent me demander si tout va bien... Je réponds que oui. On vient me parler, on s'intéresse à moi parce que je suis bourré. Je suis consterné mais en même temps, je continue "de jouer". Mon père vient nous chercher et nous rentrons. A la maison, mes parents me regardent, je suis toujours dans mon jeu. Ils explosent de rire. Le lendemain, j'espere donc me faire gronder mais c'est l'inverse qui se produit : mes parents se foutent de ma gueule, je suis devenu malgré moi le "héros" du jour, ma mère appelle celles de Paul et Nicolas pour plaisanter. Limite, on me félicite ! Mon plan est un fiasco. Je suis vexé et en colère.

Quelques jours plus tard, je discute avec mon grand-père et j'apprends la raison pour laquelle je suis "vraiment" invité aux soirées des garçons : C'est ma mère et celle de Paul qui "s'arrangent" pour me faire inviter aux soirées, trouvant que je suis trop coincé !

Je pars faire un tour dans le jardin, je suis dépité de cette confidence.

Je décline toutes les soirées suivantes et on cessera de m'inviter par la suite. En revanche, presque 15 ans après, on me parle encore de celle où l'on m'a vu "bourré". Agacé, l'an dernier j'avoue à mes parents mon petit jeu sans toutefois raconter tout ce que vous venez de lire. Dubitatif, mon père haussa les épaules et me répondit "Oui oui bien sûr"...

Depuis cette période, je n'ai plus jamais revu Nicolas, avec qui je n'étais pas très proche cependant. Ce dernier vît aujourd'hui au Brésil et s'est marié. Quant à Paul, on ne s'est pas revu non plus ou juste croisés occasionnellement. Il est également marié, il a trois enfants.

vendredi 15 janvier 2010

LA CLASSE DES FILLES

Je fais donc ma rentrée dans ce lycée professionnel pour ma première année de BEP. Je me sens très mal, j'ai honte. Après m'être posé la question tout l'été sur ce que j'allais devenir à la rentrée, je me pose la question de savoir ce que je ferai l'année suivante, l'année d'après... Vous savez, depuis cette période, j'ai toujours eu un "rêve débile" : je fantasme sur l'idée d'avoir une télévision dans laquelle je peux voir mon futur et rêve de pouvoir parler à mon "moi-même" dans le passé ou mon avenir.

Revenons sur terre. Dans ma nouvelle classe, curieusement, il n'y a que des filles et nous sommes 4 garçons. Les élèves me semblent beaufs et à côté de la plaque mais qui suis-je pour juger, après tout, je suis nul en classe et je "mérite" ce qui m'arrive.

L'année suit son cours, mes résultats sont bons mais je m'ennuie, je suis triste, j'ai honte de mon parcours. A part des ciné avec Cyril et David, je suis seul, je joue seul, je me parle à moi-même. En cours les profs nous demandent ce que nous voulons faire plus tard, tout le monde répond sauf moi... je ne sais pas.

Dans ma classe, je suis plutôt bien avec tout le monde mais je n'ai pas d'ami(e)s. C'est "bonjour-au revoir" mais je suis content car pour la première fois, depuis 5 ans, pas d'insultes jusqu'au jour où...

NOUVEL ETE

Je quitte mon collège, tête basse, pour la dernière fois et je me demande ce que le mois de septembre me réservera. Les examens du brevet des collèges viennent de se terminer et devinez quoi ? J'ai été reçu. Je ne voulais pas aller voir les résultats affichés mais un pote m'annonce la surprise. Mes parents sont les premiers étonnés et lancent "décidément, on le donne vraiment à tout le monde ce brevet". Mon père qui me promettait un voyage aux Etats-Unis en cas de réussite ne tiendra jamais sa promesse. A vrai dire, cette réussite surprise ne tient qu'à une chose : le dessin. En effet avec 19/20 de moyenne dans cette matière, le collège avait décidé de doubler la note en raison des cours de musique que nous n'avions pas eu. Du coup, ma piteuse moyenne remonte et fait de moi un diplômé.

En cette fin d'année scolaire, je fais la connaissance de Karine, une fille de la classe voisine. Elle est sympa mais pas forcément jolie et je me demande encore aujourd'hui ce qui pouvait m'attirer. Nous nous donnons rendez-vous quelques jours plus tard dans le parc municipal. J'étais nerveux. Nous nous embrassons derrière un buisson. Quelques jours plus tard, je la retrouve chez elle. Karine me fait visiter sa maison et je découvre alors la grandiose collection de bandes-dessinées de son père. Finalement cette collection me séduira plus que la fille. Elle ne me plaît pas, ses copains "racailles" encore moins... je n'attends qu'une chose, ne plus la voir mais je n'ose pas lui dire. Je pars en vacances quelques jours plus tard, elle m'enverra une lettre pour m'annoncer la rupture suite à la rencontre avec un autre garçon. Curieusement, je prends mal la situation sur le coup.

Je suis en vacances une nouvelle fois avec mes parents et leurs amis, ça sera l'une des dernières fois. Je m'ennuie, je passe mon temps à penser à ce que je vais devenir à la rentrée. Je pense au sexe, je me masturbe souvent.

Curieusement, à mon retour du midi, je revois régulièrement deux garçons de ma classe : Cyril et David. Ces deux garçons sont potes depuis la maternelle et je suis plutôt proche de Cyril que de l'autre. Nous allons au cinéma régulièrement, dinons chez l'un l'autre... Je m'entends bien avec eux mais pas plus que ça, nous n'avons pas vraiment d'affinités cependant nous continuerons le rituel du ciné-Mac Do pendant des années, nous passerons des nuits entières à jouer aux jeux vidéo et nous fêterons souvent les réveillons du nouvel an. Ce qui est étrange après toutes ces années, c'est que malgré tout ça, nous n'avons jamais rien partagé d'autre. Je n'ai pas le souvenir d'une seule conversation personnelle, nous n'avons jamais parlé de nous, de nos désirs, de nos rêves... Juste du cinéma et des jeux vidéo. C'est comme si je ne les connaissais pas finalement.

Un nouvel été se termine. Mes parents m'inscrivent dans un lycée professionnel pour une première année de BEP. Seule maigre consolation, le lycée se trouve à côté de chez mes grands-parents. Comme quand j'étais petit, je vais pouvoir retourner déjeuner chez eux tous les midis.

mercredi 13 janvier 2010

3ème

Deux événements important pour moi se sont déroulés cette année là, premièrement, Paul et Nicolas les enfants des amis de mes parents deviennent... scouts et me proposent de les rejoindre. Hilarité chez mes parents quand j'annonce mon envie de rejoindre la patrouille "des hibous". Les paris sont tenus entre mon père et ma mère, ils pensent que je ne tiendrais pas trois semaines... j'ai finalement tenu deux ans.
Je retrouve donc Paul et Nicolas plus quelques autres et ensemble, nous partons faire des camps en campagne pour des week-ends puis un mois complet en Alsace la deuxième année. Là-bas, j'expérimente de nouveau avec eux, les masturbations et fellations sous les tentes et les corps à corps en pleine nuit. Je fantasme sur Xavier le chef scout qui se baigne en slip blanc dans les bacs en pierre et je rêve de dormir avec l'un ou l'autre des autres patrouilles. Quelques années plus tard, je rencontre Mathieu, homo assumé, que je connaissais simplement de vue et qui était dans l'une des patrouilles scouts. Il me confiera que lui aussi, se laissait aller à des "petits jeux sexuels" avec son équipe. Epuisé physiquement, malade à mon retour, blessé pendant mon séjour et dégouté des pratiques du mouvement scout pendant cet été (aucun rapport sexuel je vous rassure), je décide de laisser tomber le mouvement. J'en garderai malgré tout un très bon souvenir.

Je débarque en classe de 3ème avec les mêmes élèves et dans la même école de l'année d'avant. Autant dire que rien ne changea vraiment sauf que mes résultats scolaires étaient de nouveau en chute libre. Je continue de toucher le fond surtout en mathématiques, et mes parents décident de payer le fils ingénieur d'un couple amis pour venir me donner des cours. Franck 21 ans, débarque ainsi chez moi tous les mardis pour... faire mes devoirs. Je ne comprenais rien, je n'avais pas envie de comprendre et j'étais plus intéressé par le physique de Franck que par son intelligence.

Comme je vous le disais, mes parents avaient plusieurs couples d'amis dans le voisinage et nous pouvions aller d'une maison à l'autre en quelques minutes. Alors que nous faisions la fête avec nos parents, Marie (la maman de Franck) me demande d'aller chez elle pour chercher un CD et me disant que Franck est là avec sa copine et qu'il m'ouvrira. J'arrive donc devant la maison et je jette un coup d'oeil furtif par la fenêtre du salon avant de sonner. Et là... que vois-je, Franck et sa copine, nus sur le canapé en pleine... pénétration. C'était la première fois que je voyais "en vrai" un couple faire l'amour devant mes yeux. A ce moment précis, je ne savais pas quoi faire : sonner pour les embêter, continuer de regarder ou bien faire demi tour. Je décida de regarder et apprécia de voir Franck nu, en pleine érection. J'étais très troublé. Au cours de math suivant, je ne voyais plus Franck de la même manière. En dehors de tout fantasme, j'aimais bien Franck, il était ce que je voulais être, il était beau, bien habillé, il avait un côté garçon parfait et apprécié de tout le monde. C'était pour moi "un grand". Confidence pour confidence, j'ai porté un parfum pendant presque 10 ans... ce parfum, à l'origine, c'était aussi le sien et j'avais demandé à ma mère de me l'acheter et ainsi, je me sentais plus adulte en le portant, comme Franck. Je vous rassure, je n'ai pas porté ce parfum toutes ces années en pensant à lui mais c'était devenu "mon odeur" avant que le fabriquant décide de l'arrêter.

L'autre "événement" important pour moi est que l'école nous emmène en Allemagne pour un échange linguistique mais je suis placé dans une autre classe que la mienne. Après les échanges difficiles avec l'Angleterre, mes parents accepteront tout de même. Nous accueillons Sandra avec qui je deviens très ami. Je pars à mon tour chez elle et passe une semaine de rêve. Là bas, je sors avec une fille, une amie de ma correspondante : Kirsten. Elle était blonde, yeux bleus, très jolie fille. J'étais son premier petit copain, elle était aussi "officiellement" ma première petite copine après l'échec de l'anglaise alcoolique. Pendant ce séjour, tout se passe à merveille, les gens et élèves autour de moi m'acceptent, m'invitent aux soirées, je suis sur un nuage, je ne veux plus que cette semaine s'arrête et je garde encore aujourd'hui, un souvenir inoubliable de ce séjour en Allemagne. Je quitte le pays en larmes et aurais du mal à me remettre de ce séjour. Je garderais contact avec ma correspondante pendant encore plusieurs années après notre échange. Kirsten m'écrira aussi et m'annoncera, gênée, qu'elle a un nouveau petit ami, je lui répond que moi aussi j'ai une copine mais c'est un mensonge. Je retrouve ma classe, tout le monde est déjà courant de mes aventures et j'ai droit à de nouvelles insultes et blagues de mauvais goût. Je redescends donc vite sur terre...

L'année scolaire se termine et avec des résultats trop mauvais, pas question d'aller en seconde... On m'oblige à partir en professionnel et on m'oriente vers un BEP. Mes parents sont effondrés. Les efforts que mon père avait fait pour me faire rester dans un cursus normal partent en fumée. Il décide d'arrêter de "se battre" pour moi. On m'inscrit donc dans une école de la ville voisine pour un BEP choisi au hasard.

SEXE ET VIE DE COLLEGIEN

Un premier bilan se posa à moi. Lorsque je me suis fait virer après la 5ème de mon collège, une page se tournait. J'étais triste et je me sentais honteux mais cependant, en plus de reprendre (grâce à mon père) un cursus scolaire classique, je voulais partir aussi sur de nouvelles bases d'un point de vue relationnelle. Plus d'insultes et de mesquineries. Du moins c'est ce que j'espérais. Au final, rien ne changea. Je me sentais toujours aussi seul, pas de copains, on se foutait de ma gueule en permanence, les insultes homophobes ne cessèrent pas, je n'avais aucun goût commun avec les gens autour de moi, toujours personne avec qui parler, partager et tout simplement s'amuser... Je me suis toujours fait la conclusion que c'était de la faute des autres, que les autres étaient tout simplement "cons" et que j'étais tombé au mauvais endroit, au mauvais moment. Mais là, difficile de pouvoir redire ça une nouvelle fois après avoir changé d'établissement et de ville... Une nouvelle conclusion me sauta aux yeux "Et si tout ce qu'on disait sur moi était vrai et justifié".

Alors bien sûr, la sexualité était de mise et j'étais le roi de la masturbation. J'avais découvert mes premiers émois homo grâce à Christophe Dechavanne qui tous les après-midis, passait dans son émission le "Playmec" : le concept était simple, un garçon se fout en slip sur le plateau en direct... je ne manquais ça pour rien au monde ! Mon premier film porno arriva quelques mois plus tard. Il faut vous dire que j'ai eu la "chance" d'avoir une télévision dans ma chambre et mes grands-parents m'offrirent un magnétoscope (suivront quelques années plus tard, les décodeurs canal plus et consoles Sega). Vers 12 ans donc, alors que mes parents recevaient des amis pour diner, je zappais avec les gros boutons de la télévision grise et je tombe sur Canal Plus (version cryptée). Il était 00H30 et surprise...malgré la neige du cryptage de l'époque, je distingue clairement quelque chose qui changera ma vie à tout jamais. Devant mes yeux, quelques dizaines de personnes s'abandonnent simultanément à un curieux mélange corporel. Mes yeux m'arrivaient plus à se détacher de l'écran et ma première réaction fût de dire à voix basse : "C'est dégueulasse...".
Croyez moi, ça n'est pas resté dégueulasse longtemps ! Grâce à cette chère disparue "La Cinq", j'ai pu pratiquer mes nombreuses masturbations en regardant les shows "soft" Playboy et autres films érotiques en tentant de bien profiter du rapide bout de fesse de l'acteur qu'on ne voyait que quelques secondes. Je ne comprenais jamais pourquoi les femmes étaient souvent nues de face et jamais les hommes...

A l'époque, pas d'internet, pas de films X qu'on peut pirater... j'étais mineur et je devais, lors de mes grands moments d'excitation, me contenter du catalogue de la Redoute, pages sous-vêtements ou du... dictionnaire et je m'excitais à chercher les mots les plus cochons (sexe, partouze, sucer, branler...).

Lorsque je rentrais des cours, je fonçais souvent aux toilettes pour ma masturbation quotidienne en fantasmant souvent sur les mecs de la classe voisine. J'avais alors 14 ans.