mardi 2 février 2010

PLEINE ADOLESCENCE

Comme souvent le samedi, mes parents partent diner jusqu'à très tard chez des amis. Ce soir-là, je reste à la maison avec Paul qui est venu dormir. Nous mangeons ensemble, jouons aux jeux vidéo, regardons la télé et discutons. Depuis quelques années, chaque fois que je dors chez Paul, on se masturbe mutuellement et on se suce. Il arrive parfois qu'on le fasse à trois quand Nicolas est avec nous. Paul est assez beau garçon, il a un côté "viril". Depuis qu'on est petits et comme je l'avais déjà souligné ici, nos parents "s'amusent" à nous comparer mais Paul a souvent eu l'avantage sur le plan physique... et scolaire. Paul a toujours été plus grand et a aussi... un plus gros sexe que moi. Bien que le mien soit tout à fait honorable et au-dessus de la moyenne, celui de Paul bat des records. Sexe plus long, très épais et légérement "incurvé" comme une banane. Ce soir-là, il me propose comme à chaque fois que nous dormons ensemble, de "nous détendre". Je m'éxécute avec plaisir mais n'ose pas lui demander de nouvelles choses comme l'embrasser ou me frotter contre lui, de peur de me faire insulter de "pédé". C'est également toujours lui qui propose ce genre d'ébats. Moi j'y pense bien sûr souvent mais j'attends à chaque fois avec impatience que ça soit lui qui propose de passer à l'action. Alors que nous étions entrain de nous masturber, Paul me propose "d'essayer de nous enculer". J'avoue que je n'avais jamais vraiment pensé à cette option, elle ira même jusqu'à me surprendre au début. Déjà très responsables, il n'est pas question de le faire sans préservatifs. Je cours sous le lit de la chambre de mes parents, où se cache une boîte pleine. Sur le coup, je stress à l'idée que mon père puisse compter les capotes dans la boîte et se rende compte de l'emprunt, mais l'excitation de cette nouvelle expérience ne me fait pas culpabiliser longtemps. Paul est à quatre pattes sur la moquette de ma chambre, je mets un préservatif, pose mes mains sur ses fesses, tente de le pénétrer mais le manque de lubrifiant et la douleur lui feront renoncer à l'acte. Il essayera à son tour de me prendre, en vain.

Comme à chaque fois, nous ne reparlerons pas de cette expérience qui sera aussi la dernière. En effet, le temps passe, nous n'aurons plus l'occasion de redormir ensemble et nous ne nous reverrons que très rarement par la suite. Paul sort avec ses amis, fume, boit, écoute Nirvana... Je suis loin de cet univers, très loin. J'ai bien tenté de fumer une fois pour faire comme les autres mais je crapotais et on s'est foutu de ma gueule. Pour le coup, j'avais déjà assez à faire avec les insultes répétées sans vouloir y rajouter une nouvelle raison de s'acharner contre moi. Paul continuait à sortir avec Nicolas (l'autre voisin) et sont devenus les meilleurs amis du monde.

Un jour, ils m'invitèrent à une soirée. Le genre de regroupement où il y a beaucoup d'étudiants, de filles et où tout le monde fume et boit beaucoup d'alcool. Je suis resté assis sur une chaise pendant des heures. Je ne me sentais pas à l'aise, j'étais triste. Je décide de faire un tour dehors et je croise Nicolas, je vais pour lui parler, il me dit "casse-toi" car une fille avec qui il veut sortir s'avance vers nous. Je retourne à l'intérieur de la maison.

Une autre fois, même ambiance, même "équipe"... Tout le monde "s'amuse" à boire, tout le monde rigole, tout le monde est bourré et Kurt Cobain continue de hurler ses mêmes insupportables refrains en boucle. Je marche dans le couloir, des filles sont assises par terre. Nicolas demande à l'une d'entre elles si tout va bien. La fille est ivre. Il lui met la main sous la jupe et la doigte. J'ai du mal à croire ce que je vois, je suis dégouté. Nicolas me regarde et rigole.

J'en ai marre et je me demande ce que je fais là. Je n'attends qu'une chose, que mon père vienne me chercher. Le problème, il ramène plusieurs personnes dont Nicolas et Paul, je ne peux donc pas lui téléphoner tout de suite. Il pleut, je reste dehors sous la pluie, je suis trempé. Je me pose alors deux questions : pourquoi ai-je accepté de venir ici et pourquoi Paul et Nico continuent de m'inviter alors qu'on a rien en commun. Je relève la tête et une idée me traverse l'esprit : "Et si je rentre chez moi bourré, mes parents fachés m'interdiront peut-être d'y retourner une prochaine fois".
Ni une, ni deux, je fonce vers le bar et bois une vodka orange cul sec. Je grimace, déteste le goût amer du brevage et refuse d'en d'absorber davantage. Je joue donc la comédie et fais semblant d'être ivre même si le premier verre me fait, tout de même, un peu tourner la tête. Mon jeu fonctionne, Paul et Nicolas éclatent de rire et me voilà "star" de la soirée. Deux de leurs copines viennent me demander si tout va bien... Je réponds que oui. On vient me parler, on s'intéresse à moi parce que je suis bourré. Je suis consterné mais en même temps, je continue "de jouer". Mon père vient nous chercher et nous rentrons. A la maison, mes parents me regardent, je suis toujours dans mon jeu. Ils explosent de rire. Le lendemain, j'espere donc me faire gronder mais c'est l'inverse qui se produit : mes parents se foutent de ma gueule, je suis devenu malgré moi le "héros" du jour, ma mère appelle celles de Paul et Nicolas pour plaisanter. Limite, on me félicite ! Mon plan est un fiasco. Je suis vexé et en colère.

Quelques jours plus tard, je discute avec mon grand-père et j'apprends la raison pour laquelle je suis "vraiment" invité aux soirées des garçons : C'est ma mère et celle de Paul qui "s'arrangent" pour me faire inviter aux soirées, trouvant que je suis trop coincé !

Je pars faire un tour dans le jardin, je suis dépité de cette confidence.

Je décline toutes les soirées suivantes et on cessera de m'inviter par la suite. En revanche, presque 15 ans après, on me parle encore de celle où l'on m'a vu "bourré". Agacé, l'an dernier j'avoue à mes parents mon petit jeu sans toutefois raconter tout ce que vous venez de lire. Dubitatif, mon père haussa les épaules et me répondit "Oui oui bien sûr"...

Depuis cette période, je n'ai plus jamais revu Nicolas, avec qui je n'étais pas très proche cependant. Ce dernier vît aujourd'hui au Brésil et s'est marié. Quant à Paul, on ne s'est pas revu non plus ou juste croisés occasionnellement. Il est également marié, il a trois enfants.

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