mercredi 5 janvier 2011

UN ETE SOLITAIRE

C'est l'été de mes 16 ans. Je passe mon permis de conduite accompagnée et je le loupe. Il faudra attendre plusieurs mois avant de le repasser. Comme tous les ans à cette même période, j'accompagne mes parents et leurs amis pour 15 jours de vacances dans le sud. Il s'agira de mes dernières vacances en leur compagnie, ces derniers ne m'obligeront plus, dorénavant, à les accompagner par la suite. Ces semaines au soleil se déroulent normalement, sans grande excitation ni grande éclate. Je me repose, je nage, je me masturbe sans cesse en imaginant me faire draguer sur la plage par des mecs plus âgés... A cette période, je n'ai encore jamais eu de "véritable" expérience sexuelle. Certes, il y a eu quelques masturbations et fellations avec les potes (ce qui est déjà pas mal) mais je n'ai encore jamais embrassé de garçons, je ne me suis encore jamais lâché comme je l'aurais voulu. Je suis frustré. Je n'ose aller vers personne, je m'ennuie, je me sens triste, inutile. A cette période, je n'ai pas non plus de véritable ami, pas de partenaire, personne à qui me confier, personne avec qui partager. Comme les autres années, j'attends que le temps passe, je dévore mes magazines de jeux vidéo...

Les vacances se terminent, mon bronzage disparait et fait place... à l'acné juvénile. Nouveau sac à dos sur les épaules, crayons en mains, je fais ma rentrée dans ma nouvelle école d'architecture et de design. A vrai dire, je garde un plutôt bon souvenir de cette période, certainement la meilleure depuis bien des années. Mon école me plaît, les élèves sont sympas, j'arrive à "m'intégrer". Je suis avec un groupe de geeks, nous parlons jeux vidéo et architecture toute la journée. On se moque de nous mais gentiment, je prends les moqueries avec le sourire, principalement parce qu'elles ne sont pas liées à mon orientation sexuel. Un jour, un élève, en parlant de boîte de nuit me dit que je me ferai jeter à l'entrée car je suis "trop efféminé". J'ai très mal pris cette réflexion et j'ai mis beaucoup de temps à me remettre de cette phrase. Non pas qu'elle soit si terrible que ça mais ces quelques mots faisaient voler en éclats, un mur que j'étais entrain de construire dans ma tête pour oublier le passé.

A ce moment, Laetitia, une fille de la classe d'à côté, me drague et veut sortir avec moi. Je n'en ai pas du tout envie. Je la trouve sympa mais rien envie de plus. Je suis faible et nous nous embrassons malgré tout parce que je n'ai pas le courage de lui dire non. Conclusion de ma faiblesse : me voilà avec une copine sur les bras. Elle dit m'aimer, j'ai envie de lui répondre que j'aimerais bien me taper son pote. Les mois passent, je me traine cette fille. Mes parents apprennent la nouvelle par l'une de leurs amies. Ils me taquinent avec des sourires et blagues débiles, je suis très en colère et vexé. N'en pouvant plus de subir cette fille, je cesse notre relation. Elle sera très triste, moi soulagé.

Le temps continue sa progression et mes 18 ans approchent.

mercredi 10 février 2010

NOUVEAU DEPART ?

Nous sommes en décembre et Noël approche. Mon père souhaite acheter une caméra vidéo pour filmer les repas de famille et ainsi garder de bons souvenirs. Je suis très excité par l'idée et je l'accompagne au magasin pour acheter l'objet en question. Quelques jours plus tard, la caméra sur pied est devant moi, je la fixe. Dans ma tête, je me pose encore et toujours les mêmes questions de savoir pourquoi tant d'insultes depuis toutes ces années, pourquoi ces rejets, pourquoi je n'ai jamais réussi à m'intégrer, pourquoi on ne m'aime pas... Je me suis souvent regardé dans la glace de la salle de bain, je fais semblant de parler, de "mimer" des gestes, des attitudes afin de voir si j'ai vraiment l'air si "anormal" que ça. Je décide de brancher la caméra et de me filmer.

Je fais, sans le savoir, de la télé réalité avant l'heure en plaçant la caméra dans les coins de ma chambre et de la maison. Mon but, réussir à oublier que je suis filmé afin de vivre et agir normalement. Ma mère entre pour ranger du linge, je me lève, je parle. Ma soeur entre à son tour, nous discutons. Quelques longues minutes plus tard, je regarde le film et tente d'analyser mes faits et gestes.
A priori, rien d'extraordinaire. Ma soeur me raconte une histoire, je suis assis sur une chaise, je croise les jambes et rigole en oubliant pour la première fois que j'étais filmé. Je me rends compte que mon geste est légèrement efféminé. Je me le repasse encore et encore pour en être sûr, finalement je fais une fixation sur cet instant et me pose la question de savoir si ça m'arrive souvent et si c'est ce qui me cause autant de problèmes face aux autres.

Les semaines passent. Un soir, je suis allongé sur mon lit en lisant une bande dessinée. Ma mère entre dans la chambre, s'installe sur le bord, caresse mon genoux et me demande si tout va bien. Je réponds toujours "oui" dans ces cas-là. Elle s'inquiète de mon avenir, me re-demande si je suis heureux et si l'école actuelle me plaît. Me voyant triste, elle veut savoir si des études dans l'architecture et le design me plairaient. Je relève la tête, surpris de cette question. Je n'y avais jamais pensé mais l'idée m'excite beaucoup. J'ai toujours beaucoup dessiné mais je n'avais jamais pensé pouvoir en faire un métier. Le visage inquiet de ma mère semble s'éclaircir à me voir sourire de cette proposition. Le week-end suivant, alors que nous déjeunions chez des amis de mes parents, mon père m'emmène à la journée portes ouvertes de l'école. L'établissement me plaît beaucoup.

Je me décide à passer les concours d'entrée. Je suis reçu et pour la première fois, l'avenir me semble moins sombre. Je suis content et retrouve le sourire. Je termine ma première année de BEP avec de bons résultats mais j'annonce aux professeurs que j'arrête le cycle et que je ne reviendrai pas à la rentrée prochaine.

L'été arrive, il commence à faire très chaud et je me demande déjà comment se passera la rentrée suivante.

dimanche 7 février 2010

MAGAZINES

A côté de ça, malgré tout, bien sûr que j'aimais les garçons mais inconsciemment, c'est comme si les insultes et le fait de fantasmer sur les mecs n'avaient rien à voir !

J'avais un pote, un ancien de mon dernier collège, Ludovic. On se voyait parfois chez lui, parfois chez moi. Il était plus âgé et je rêvais "d'expérimenter" plein de choses avec lui ! Quand il venait dormir chez moi, je faisais tout pour essayer de le voir à poil, lui tendre des perches pour se masturber ou encore lui proposer "pour rigoler" de faire des petits jeux coquins... en vain, il n'a jamais répondu à mon appel.
A cette époque, la masturbation dans les WC ou au fond de mon lit commençait à me lasser. Mon objectif ? Trouver un magazine ou mieux, un film gay pour enfin voir "en vrai" des mecs baiser avec d'autres mecs. Cependant, j'étais encore mineur, vivant en province et à l'époque pas d'internet comme maintenant. Chaque fois que j'allais à la librairie, je ne pouvais m'empêcher de lever discrètement les yeux vers les magazines pour adultes et je sentais mon coeur battre quand je voyais les couvertures de journaux gays montrant un mec bodybuildé en slip blanc. Mon obsession était claire : m'en procurer un !

Un jour de vacances, Ludovic me propose de faire un tour. Je lui demande s'il peut me rendre un service. J'imagine alors une histoire complètement surréaliste : "Un pote va fêter ses 18 ans et on souhaite lui acheter des pornos pour se marrer mais pour se foutre de sa gueule, on veut lui en acheter un gay...". Je n'ai jamais su vraiment si Ludovic avait compris le mensonge, mais trouvant l'idée "drôle" il accepte d'aller m'acheter le magazine ! Il n'était pas majeur non plus mais son physique pouvait laisser croire que c'était le cas. Ludovic rentre dans la librairie, j'attends à l'extérieur. Il sort, cachant sous son blouson, l'objet en question. Je trépignais d'impatience à l'idée de me retrouver seul chez moi pour feuilleter l'objet désiré.
Enfin à la maison, mon coeur bat très fort, j'ouvre le magazine. Je fantasme sur ce que je découvre, je me masturbe. A partir de ce moment, c'est la boite de Pandore qui vient de s'ouvrir : un magazine ne me suffit pas, il m'en faut d'autres... J'ai décidément beaucoup de potes qui fêteront leurs 18ans (rires) et Ludovic acceptera de m'en acheter de nouveau puis je tenterai de m'en procurer par moi-même.

Quelques mois plus tard, j'ai deux nouvelles idées en tête : le papier glacé ne me suffit plus, je veux maintenant me procurer un film. L'autre chose, qui deviendra un fantasme d'ado : porter, à mon tour, la même marque de slips blancs (encore inconnue en France à l'époque) que tous les "mannequins" de mes revues porno : Calvin Klein.

MOI CONTRE LES AUTRES

Ma première année de BEP est en cours, les mois s'enchainent mais je n'aime toujours pas ce que je fais malgré des résultats très correctes. Je n'arrive pas apprécier vraiment les élèves qui m'entourent malgré certains très sympathiques : Jérémie, le sportif qui croit dur comme fer qu'il deviendra footballeur pro (il deviendra flic), Alain plus âgé que moi et déjà père d'un petit garçon sans oublier 95% des autres élèves de ma classe : les filles, mais avec qui je n'ai aucun point commun, ni affinité. Comme je le disais précédemment, je n'avais pas de soucis en particulier et les moqueries des années passées étaient derrière moi... du moins c'est ce que je pensais. Un jour, Isabelle et Sophie viennent me voir dans la cours de récréation. Sourire aux lèvres, Sophie me demande : "est-ce que t'es pédé ?". Je suis resté immobile. Comme si un éclat de verre éclatait dans ma tête, comme si, cette simple question, faisait revenir, d'un coup violent, toutes les insultes que j'avais encaissé depuis maintenant cinq ans. J'ai regardé les filles qui impatientes, attendaient ma réponse : j'ai répondu que "non". Déçues à priori de ma réponse, elles sont reparties. Ces filles que j'appréciais pourtant, étaient devenues à mes yeux, mes deux nouvelles bêtes noires, elle représentaient maintenant tous ceux qui m'avaient insultés auparavant. J'ai essayé par la suite de "pardonner" car après tout, elles ne faisaient que me poser une question "innocente". Après ce jour cependant, je n'ai plus eu de commentaires, ni insultes, ni remarques mais le "mal" était fait, j'étais marqué, je me suis de nouveau senti très mal.

mardi 2 février 2010

PLEINE ADOLESCENCE

Comme souvent le samedi, mes parents partent diner jusqu'à très tard chez des amis. Ce soir-là, je reste à la maison avec Paul qui est venu dormir. Nous mangeons ensemble, jouons aux jeux vidéo, regardons la télé et discutons. Depuis quelques années, chaque fois que je dors chez Paul, on se masturbe mutuellement et on se suce. Il arrive parfois qu'on le fasse à trois quand Nicolas est avec nous. Paul est assez beau garçon, il a un côté "viril". Depuis qu'on est petits et comme je l'avais déjà souligné ici, nos parents "s'amusent" à nous comparer mais Paul a souvent eu l'avantage sur le plan physique... et scolaire. Paul a toujours été plus grand et a aussi... un plus gros sexe que moi. Bien que le mien soit tout à fait honorable et au-dessus de la moyenne, celui de Paul bat des records. Sexe plus long, très épais et légérement "incurvé" comme une banane. Ce soir-là, il me propose comme à chaque fois que nous dormons ensemble, de "nous détendre". Je m'éxécute avec plaisir mais n'ose pas lui demander de nouvelles choses comme l'embrasser ou me frotter contre lui, de peur de me faire insulter de "pédé". C'est également toujours lui qui propose ce genre d'ébats. Moi j'y pense bien sûr souvent mais j'attends à chaque fois avec impatience que ça soit lui qui propose de passer à l'action. Alors que nous étions entrain de nous masturber, Paul me propose "d'essayer de nous enculer". J'avoue que je n'avais jamais vraiment pensé à cette option, elle ira même jusqu'à me surprendre au début. Déjà très responsables, il n'est pas question de le faire sans préservatifs. Je cours sous le lit de la chambre de mes parents, où se cache une boîte pleine. Sur le coup, je stress à l'idée que mon père puisse compter les capotes dans la boîte et se rende compte de l'emprunt, mais l'excitation de cette nouvelle expérience ne me fait pas culpabiliser longtemps. Paul est à quatre pattes sur la moquette de ma chambre, je mets un préservatif, pose mes mains sur ses fesses, tente de le pénétrer mais le manque de lubrifiant et la douleur lui feront renoncer à l'acte. Il essayera à son tour de me prendre, en vain.

Comme à chaque fois, nous ne reparlerons pas de cette expérience qui sera aussi la dernière. En effet, le temps passe, nous n'aurons plus l'occasion de redormir ensemble et nous ne nous reverrons que très rarement par la suite. Paul sort avec ses amis, fume, boit, écoute Nirvana... Je suis loin de cet univers, très loin. J'ai bien tenté de fumer une fois pour faire comme les autres mais je crapotais et on s'est foutu de ma gueule. Pour le coup, j'avais déjà assez à faire avec les insultes répétées sans vouloir y rajouter une nouvelle raison de s'acharner contre moi. Paul continuait à sortir avec Nicolas (l'autre voisin) et sont devenus les meilleurs amis du monde.

Un jour, ils m'invitèrent à une soirée. Le genre de regroupement où il y a beaucoup d'étudiants, de filles et où tout le monde fume et boit beaucoup d'alcool. Je suis resté assis sur une chaise pendant des heures. Je ne me sentais pas à l'aise, j'étais triste. Je décide de faire un tour dehors et je croise Nicolas, je vais pour lui parler, il me dit "casse-toi" car une fille avec qui il veut sortir s'avance vers nous. Je retourne à l'intérieur de la maison.

Une autre fois, même ambiance, même "équipe"... Tout le monde "s'amuse" à boire, tout le monde rigole, tout le monde est bourré et Kurt Cobain continue de hurler ses mêmes insupportables refrains en boucle. Je marche dans le couloir, des filles sont assises par terre. Nicolas demande à l'une d'entre elles si tout va bien. La fille est ivre. Il lui met la main sous la jupe et la doigte. J'ai du mal à croire ce que je vois, je suis dégouté. Nicolas me regarde et rigole.

J'en ai marre et je me demande ce que je fais là. Je n'attends qu'une chose, que mon père vienne me chercher. Le problème, il ramène plusieurs personnes dont Nicolas et Paul, je ne peux donc pas lui téléphoner tout de suite. Il pleut, je reste dehors sous la pluie, je suis trempé. Je me pose alors deux questions : pourquoi ai-je accepté de venir ici et pourquoi Paul et Nico continuent de m'inviter alors qu'on a rien en commun. Je relève la tête et une idée me traverse l'esprit : "Et si je rentre chez moi bourré, mes parents fachés m'interdiront peut-être d'y retourner une prochaine fois".
Ni une, ni deux, je fonce vers le bar et bois une vodka orange cul sec. Je grimace, déteste le goût amer du brevage et refuse d'en d'absorber davantage. Je joue donc la comédie et fais semblant d'être ivre même si le premier verre me fait, tout de même, un peu tourner la tête. Mon jeu fonctionne, Paul et Nicolas éclatent de rire et me voilà "star" de la soirée. Deux de leurs copines viennent me demander si tout va bien... Je réponds que oui. On vient me parler, on s'intéresse à moi parce que je suis bourré. Je suis consterné mais en même temps, je continue "de jouer". Mon père vient nous chercher et nous rentrons. A la maison, mes parents me regardent, je suis toujours dans mon jeu. Ils explosent de rire. Le lendemain, j'espere donc me faire gronder mais c'est l'inverse qui se produit : mes parents se foutent de ma gueule, je suis devenu malgré moi le "héros" du jour, ma mère appelle celles de Paul et Nicolas pour plaisanter. Limite, on me félicite ! Mon plan est un fiasco. Je suis vexé et en colère.

Quelques jours plus tard, je discute avec mon grand-père et j'apprends la raison pour laquelle je suis "vraiment" invité aux soirées des garçons : C'est ma mère et celle de Paul qui "s'arrangent" pour me faire inviter aux soirées, trouvant que je suis trop coincé !

Je pars faire un tour dans le jardin, je suis dépité de cette confidence.

Je décline toutes les soirées suivantes et on cessera de m'inviter par la suite. En revanche, presque 15 ans après, on me parle encore de celle où l'on m'a vu "bourré". Agacé, l'an dernier j'avoue à mes parents mon petit jeu sans toutefois raconter tout ce que vous venez de lire. Dubitatif, mon père haussa les épaules et me répondit "Oui oui bien sûr"...

Depuis cette période, je n'ai plus jamais revu Nicolas, avec qui je n'étais pas très proche cependant. Ce dernier vît aujourd'hui au Brésil et s'est marié. Quant à Paul, on ne s'est pas revu non plus ou juste croisés occasionnellement. Il est également marié, il a trois enfants.

vendredi 15 janvier 2010

LA CLASSE DES FILLES

Je fais donc ma rentrée dans ce lycée professionnel pour ma première année de BEP. Je me sens très mal, j'ai honte. Après m'être posé la question tout l'été sur ce que j'allais devenir à la rentrée, je me pose la question de savoir ce que je ferai l'année suivante, l'année d'après... Vous savez, depuis cette période, j'ai toujours eu un "rêve débile" : je fantasme sur l'idée d'avoir une télévision dans laquelle je peux voir mon futur et rêve de pouvoir parler à mon "moi-même" dans le passé ou mon avenir.

Revenons sur terre. Dans ma nouvelle classe, curieusement, il n'y a que des filles et nous sommes 4 garçons. Les élèves me semblent beaufs et à côté de la plaque mais qui suis-je pour juger, après tout, je suis nul en classe et je "mérite" ce qui m'arrive.

L'année suit son cours, mes résultats sont bons mais je m'ennuie, je suis triste, j'ai honte de mon parcours. A part des ciné avec Cyril et David, je suis seul, je joue seul, je me parle à moi-même. En cours les profs nous demandent ce que nous voulons faire plus tard, tout le monde répond sauf moi... je ne sais pas.

Dans ma classe, je suis plutôt bien avec tout le monde mais je n'ai pas d'ami(e)s. C'est "bonjour-au revoir" mais je suis content car pour la première fois, depuis 5 ans, pas d'insultes jusqu'au jour où...

NOUVEL ETE

Je quitte mon collège, tête basse, pour la dernière fois et je me demande ce que le mois de septembre me réservera. Les examens du brevet des collèges viennent de se terminer et devinez quoi ? J'ai été reçu. Je ne voulais pas aller voir les résultats affichés mais un pote m'annonce la surprise. Mes parents sont les premiers étonnés et lancent "décidément, on le donne vraiment à tout le monde ce brevet". Mon père qui me promettait un voyage aux Etats-Unis en cas de réussite ne tiendra jamais sa promesse. A vrai dire, cette réussite surprise ne tient qu'à une chose : le dessin. En effet avec 19/20 de moyenne dans cette matière, le collège avait décidé de doubler la note en raison des cours de musique que nous n'avions pas eu. Du coup, ma piteuse moyenne remonte et fait de moi un diplômé.

En cette fin d'année scolaire, je fais la connaissance de Karine, une fille de la classe voisine. Elle est sympa mais pas forcément jolie et je me demande encore aujourd'hui ce qui pouvait m'attirer. Nous nous donnons rendez-vous quelques jours plus tard dans le parc municipal. J'étais nerveux. Nous nous embrassons derrière un buisson. Quelques jours plus tard, je la retrouve chez elle. Karine me fait visiter sa maison et je découvre alors la grandiose collection de bandes-dessinées de son père. Finalement cette collection me séduira plus que la fille. Elle ne me plaît pas, ses copains "racailles" encore moins... je n'attends qu'une chose, ne plus la voir mais je n'ose pas lui dire. Je pars en vacances quelques jours plus tard, elle m'enverra une lettre pour m'annoncer la rupture suite à la rencontre avec un autre garçon. Curieusement, je prends mal la situation sur le coup.

Je suis en vacances une nouvelle fois avec mes parents et leurs amis, ça sera l'une des dernières fois. Je m'ennuie, je passe mon temps à penser à ce que je vais devenir à la rentrée. Je pense au sexe, je me masturbe souvent.

Curieusement, à mon retour du midi, je revois régulièrement deux garçons de ma classe : Cyril et David. Ces deux garçons sont potes depuis la maternelle et je suis plutôt proche de Cyril que de l'autre. Nous allons au cinéma régulièrement, dinons chez l'un l'autre... Je m'entends bien avec eux mais pas plus que ça, nous n'avons pas vraiment d'affinités cependant nous continuerons le rituel du ciné-Mac Do pendant des années, nous passerons des nuits entières à jouer aux jeux vidéo et nous fêterons souvent les réveillons du nouvel an. Ce qui est étrange après toutes ces années, c'est que malgré tout ça, nous n'avons jamais rien partagé d'autre. Je n'ai pas le souvenir d'une seule conversation personnelle, nous n'avons jamais parlé de nous, de nos désirs, de nos rêves... Juste du cinéma et des jeux vidéo. C'est comme si je ne les connaissais pas finalement.

Un nouvel été se termine. Mes parents m'inscrivent dans un lycée professionnel pour une première année de BEP. Seule maigre consolation, le lycée se trouve à côté de chez mes grands-parents. Comme quand j'étais petit, je vais pouvoir retourner déjeuner chez eux tous les midis.

mercredi 13 janvier 2010

3ème

Deux événements important pour moi se sont déroulés cette année là, premièrement, Paul et Nicolas les enfants des amis de mes parents deviennent... scouts et me proposent de les rejoindre. Hilarité chez mes parents quand j'annonce mon envie de rejoindre la patrouille "des hibous". Les paris sont tenus entre mon père et ma mère, ils pensent que je ne tiendrais pas trois semaines... j'ai finalement tenu deux ans.
Je retrouve donc Paul et Nicolas plus quelques autres et ensemble, nous partons faire des camps en campagne pour des week-ends puis un mois complet en Alsace la deuxième année. Là-bas, j'expérimente de nouveau avec eux, les masturbations et fellations sous les tentes et les corps à corps en pleine nuit. Je fantasme sur Xavier le chef scout qui se baigne en slip blanc dans les bacs en pierre et je rêve de dormir avec l'un ou l'autre des autres patrouilles. Quelques années plus tard, je rencontre Mathieu, homo assumé, que je connaissais simplement de vue et qui était dans l'une des patrouilles scouts. Il me confiera que lui aussi, se laissait aller à des "petits jeux sexuels" avec son équipe. Epuisé physiquement, malade à mon retour, blessé pendant mon séjour et dégouté des pratiques du mouvement scout pendant cet été (aucun rapport sexuel je vous rassure), je décide de laisser tomber le mouvement. J'en garderai malgré tout un très bon souvenir.

Je débarque en classe de 3ème avec les mêmes élèves et dans la même école de l'année d'avant. Autant dire que rien ne changea vraiment sauf que mes résultats scolaires étaient de nouveau en chute libre. Je continue de toucher le fond surtout en mathématiques, et mes parents décident de payer le fils ingénieur d'un couple amis pour venir me donner des cours. Franck 21 ans, débarque ainsi chez moi tous les mardis pour... faire mes devoirs. Je ne comprenais rien, je n'avais pas envie de comprendre et j'étais plus intéressé par le physique de Franck que par son intelligence.

Comme je vous le disais, mes parents avaient plusieurs couples d'amis dans le voisinage et nous pouvions aller d'une maison à l'autre en quelques minutes. Alors que nous faisions la fête avec nos parents, Marie (la maman de Franck) me demande d'aller chez elle pour chercher un CD et me disant que Franck est là avec sa copine et qu'il m'ouvrira. J'arrive donc devant la maison et je jette un coup d'oeil furtif par la fenêtre du salon avant de sonner. Et là... que vois-je, Franck et sa copine, nus sur le canapé en pleine... pénétration. C'était la première fois que je voyais "en vrai" un couple faire l'amour devant mes yeux. A ce moment précis, je ne savais pas quoi faire : sonner pour les embêter, continuer de regarder ou bien faire demi tour. Je décida de regarder et apprécia de voir Franck nu, en pleine érection. J'étais très troublé. Au cours de math suivant, je ne voyais plus Franck de la même manière. En dehors de tout fantasme, j'aimais bien Franck, il était ce que je voulais être, il était beau, bien habillé, il avait un côté garçon parfait et apprécié de tout le monde. C'était pour moi "un grand". Confidence pour confidence, j'ai porté un parfum pendant presque 10 ans... ce parfum, à l'origine, c'était aussi le sien et j'avais demandé à ma mère de me l'acheter et ainsi, je me sentais plus adulte en le portant, comme Franck. Je vous rassure, je n'ai pas porté ce parfum toutes ces années en pensant à lui mais c'était devenu "mon odeur" avant que le fabriquant décide de l'arrêter.

L'autre "événement" important pour moi est que l'école nous emmène en Allemagne pour un échange linguistique mais je suis placé dans une autre classe que la mienne. Après les échanges difficiles avec l'Angleterre, mes parents accepteront tout de même. Nous accueillons Sandra avec qui je deviens très ami. Je pars à mon tour chez elle et passe une semaine de rêve. Là bas, je sors avec une fille, une amie de ma correspondante : Kirsten. Elle était blonde, yeux bleus, très jolie fille. J'étais son premier petit copain, elle était aussi "officiellement" ma première petite copine après l'échec de l'anglaise alcoolique. Pendant ce séjour, tout se passe à merveille, les gens et élèves autour de moi m'acceptent, m'invitent aux soirées, je suis sur un nuage, je ne veux plus que cette semaine s'arrête et je garde encore aujourd'hui, un souvenir inoubliable de ce séjour en Allemagne. Je quitte le pays en larmes et aurais du mal à me remettre de ce séjour. Je garderais contact avec ma correspondante pendant encore plusieurs années après notre échange. Kirsten m'écrira aussi et m'annoncera, gênée, qu'elle a un nouveau petit ami, je lui répond que moi aussi j'ai une copine mais c'est un mensonge. Je retrouve ma classe, tout le monde est déjà courant de mes aventures et j'ai droit à de nouvelles insultes et blagues de mauvais goût. Je redescends donc vite sur terre...

L'année scolaire se termine et avec des résultats trop mauvais, pas question d'aller en seconde... On m'oblige à partir en professionnel et on m'oriente vers un BEP. Mes parents sont effondrés. Les efforts que mon père avait fait pour me faire rester dans un cursus normal partent en fumée. Il décide d'arrêter de "se battre" pour moi. On m'inscrit donc dans une école de la ville voisine pour un BEP choisi au hasard.

SEXE ET VIE DE COLLEGIEN

Un premier bilan se posa à moi. Lorsque je me suis fait virer après la 5ème de mon collège, une page se tournait. J'étais triste et je me sentais honteux mais cependant, en plus de reprendre (grâce à mon père) un cursus scolaire classique, je voulais partir aussi sur de nouvelles bases d'un point de vue relationnelle. Plus d'insultes et de mesquineries. Du moins c'est ce que j'espérais. Au final, rien ne changea. Je me sentais toujours aussi seul, pas de copains, on se foutait de ma gueule en permanence, les insultes homophobes ne cessèrent pas, je n'avais aucun goût commun avec les gens autour de moi, toujours personne avec qui parler, partager et tout simplement s'amuser... Je me suis toujours fait la conclusion que c'était de la faute des autres, que les autres étaient tout simplement "cons" et que j'étais tombé au mauvais endroit, au mauvais moment. Mais là, difficile de pouvoir redire ça une nouvelle fois après avoir changé d'établissement et de ville... Une nouvelle conclusion me sauta aux yeux "Et si tout ce qu'on disait sur moi était vrai et justifié".

Alors bien sûr, la sexualité était de mise et j'étais le roi de la masturbation. J'avais découvert mes premiers émois homo grâce à Christophe Dechavanne qui tous les après-midis, passait dans son émission le "Playmec" : le concept était simple, un garçon se fout en slip sur le plateau en direct... je ne manquais ça pour rien au monde ! Mon premier film porno arriva quelques mois plus tard. Il faut vous dire que j'ai eu la "chance" d'avoir une télévision dans ma chambre et mes grands-parents m'offrirent un magnétoscope (suivront quelques années plus tard, les décodeurs canal plus et consoles Sega). Vers 12 ans donc, alors que mes parents recevaient des amis pour diner, je zappais avec les gros boutons de la télévision grise et je tombe sur Canal Plus (version cryptée). Il était 00H30 et surprise...malgré la neige du cryptage de l'époque, je distingue clairement quelque chose qui changera ma vie à tout jamais. Devant mes yeux, quelques dizaines de personnes s'abandonnent simultanément à un curieux mélange corporel. Mes yeux m'arrivaient plus à se détacher de l'écran et ma première réaction fût de dire à voix basse : "C'est dégueulasse...".
Croyez moi, ça n'est pas resté dégueulasse longtemps ! Grâce à cette chère disparue "La Cinq", j'ai pu pratiquer mes nombreuses masturbations en regardant les shows "soft" Playboy et autres films érotiques en tentant de bien profiter du rapide bout de fesse de l'acteur qu'on ne voyait que quelques secondes. Je ne comprenais jamais pourquoi les femmes étaient souvent nues de face et jamais les hommes...

A l'époque, pas d'internet, pas de films X qu'on peut pirater... j'étais mineur et je devais, lors de mes grands moments d'excitation, me contenter du catalogue de la Redoute, pages sous-vêtements ou du... dictionnaire et je m'excitais à chercher les mots les plus cochons (sexe, partouze, sucer, branler...).

Lorsque je rentrais des cours, je fonçais souvent aux toilettes pour ma masturbation quotidienne en fantasmant souvent sur les mecs de la classe voisine. J'avais alors 14 ans.

mercredi 7 octobre 2009

LA 4ème ET LES ANGLAIS

En ce matin de septembre, je me souviens avoir été très nerveux mais aussi content. Content de retrouver une nouvelle école avec un cursus "normal", content de partir loin des insultes et moqueries de mon ancien collège, mais stressé de voir où j'allais atterrir. J'étais contrarié aussi à l'idée de changer mes petites habitudes. En effet, depuis la maternelle, je déjeunais tous les midis chez mes grands-parents et j'y retournais le soir vu qu'ils habitaient à côté de mon école. Désormais je devais me débrouiller tout seul. Quand je partais le matin à vélo, ce que je redoutais le plus, c'était de croiser dans la rue principale, la voiture des parents de Paul et Nicolas. Ils empruntaient la même route pour se rendre dans leurs écoles et quand ils me doublaient, ils klaxonnaient en me faisant des grands signes. Rien de bien méchant me direz-vous. Sauf qu'un jour mon grand-père me confia que j'étais devenu pour leurs parents, le mauvais exemple à ne pas suivre : "Si tu continues à rien foutre à l'école, tu finiras comme lui... tu deviendras un nul comme lui...". Mon père l'avait su et du coup, répété à mes grands-parents. Ce jour là, j'ai encore pris un coup de massue sur la tête quand mon grand-père me confia l'anecdote dans la véranda. Du coup, je ne voulais plus voir personne, j'avais honte. Chaque fois que je croisais la voiture de Paul et Nicolas, je m'imaginais que derrière les sourires et signes, ils se disaient "tiens, voilà le nul qui doit pédaler pour aller à l'école car il a été viré de son ancienne école comme une merde !".

L'ambiance dans ma classe était correcte au début mais se détériora par la suite. Je n'avais toujours pas de véritable ami, pas de groupe fidèle avec qui discuter. Un jour, un élève m'insulta de "pédé". Le cauchemar recommença, j'étais effondré. Je me suis demandé alors s'il s'agissait d'une malédiction. Je n'avais pourtant rien fait, rien dit. Les insultes et plaisanteries douteuses s'intensifièrent. Une fois de plus, j'étais seul. J'avais bien tenté d'inviter quelques "potes" un samedi après-midi pour jouer à la console de jeux, ma mère allant jusqu'à venir dans la chambre, pour nous servir boissons et gâteaux sur un plateau mais rien ne changea. J'appris quelques jours plus tard que le groupe se voyait sans moi le reste du temps et l'un d'eux m'expliqua qu'il n'y avait assez de place chez lui pour m'inviter à jouer.

En milieu d'année, la prof d'anglais nous annonce qu'un échange linguistique aura lieu avec une ville d'Angleterre, jumelée avec la notre. Mes parents donnent le feu vert pour l'échange et j'attends avec impatience des nouvelles de ma correspondante : Karen. Des nouvelles qui n'arrivèrent jamais... elle ne m'a jamais écrit. Nous partons donc pour la Grande-Bretagne, je fais enfin connaissance avec la fameuse correspondante, qui ne parle pas français et qui ne semble porter sur moi, aucun intérêt. Aucune discussion, aucun échange, des petits déjeuners composés de coca et d'un biscuit, des sorties nocturnes qui se limitent à son club de baby foot avec ses potes alcooliques... là aussi, j'ai tiré le gros lot ! Pour arranger les choses, un soir, lors d'une sortie de groupe, des élèves (que j'avais invité chez moi à jouer aux jeux vidéo) m'annoncent qu'ils ont dit à leurs correspondants que j'étais "pédé". "Ouais, on a dit que t'étais pédé, c'est drôle non?". Ils étaient autour de moi et riaient, j'ai juste répondu en souriant maladroitement "ah ah, vous êtes cons...". Que dire de plus ? J'avais juste envie d'être seul et partir me réfugier pour sangloter.

Au cour d'une soirée avec les autres élèves, une anglaise, Emma, et accessoirement correspondante d'un élève de ma classe, semble vouloir sortir avec moi. "Moi?", moi le garçon qui n'intéresse personne et que tout le monde insulte ? La fille n'était pas forcement à mon goût mais malgré tout, je sentais mon coeur battre. Je réponds favorablement aux avances et nous nous donnons rendez-vous à l'extérieur, dans la rue. Nous nous embrassons et pour la première fois, j'expérimente le célèbre "french kiss". Ma première réaction était que la demoiselle n'avait pas un bon coup de langue mais j'étais content et fier de cette première expérience.

Le lendemain, mes "péripéties" de la veille ont fait le tour de la classe. Le soir, Damien raconte au groupe qu'il est séduit par ma "nouvelle petite amie" et se met en tête de me la piquer en me narguant. Mais une nouvelle que je n'attendais pas me vient vite aux oreilles : "la petite amie d'un soir" était, à priori, sous l'emprise de l'alcool et ne se rappelle pas être sortie avec moi la veille. Et à me revoir, je ne semble plus être à son goût... C'est donc l'hilarité générale et un nouveau coup dur pour ma personne.

Le voyage se termine enfin, je ne demandais qu'une chose, c'était de rentrer en France. Cependant, les derniers jours, je contracte un champignon en plein sur le bout du nez, une plaque rouge qui mettra des jours à partir. Ce qui provoquera à mon retour, un grand fou rire chez mes parents qui s'empresseront de faire circuler cette nouvelle ô combien importante. On ne cessera donc ensuite de me demander où je suis aller fourrer mon nez en Angleterre.

Les mois passeront, après quelques hésitations, j'accepterais tout de même de recevoir chez moi, la fameuse Karen qui ne fera guère plus d'efforts envers moi, ni envers mes parents. Au cours d'une soirée, j'essaye quelques approches avec deux anglaises, qui se révèleront infructueuses. Nous sommes en juin les anglais rentrent chez eux, je n'aurais plus jamais de nouvelles de Karen.

L'année scolaire se termine, avec des notes satisfaisantes, je passe en classe supérieure.

NOUVELLE ECOLE, NOUVELLE VIE ?

C'était l'été, un de plus. Mes grands-parents, fatigués de faire la route vers le sud pour les vacances, se décident à vendre l'appartement. J'étais triste car cette destination était aussi pour moi l'un des rares lieu où je pouvais y retrouver quelques amis qui m’acceptaient. Mes parents proposent alors de partir avec trois couples d'amis dans une grande maison luxueuse de Provence. Parmi les enfants présents, j'étais le plus âgé, les autres avaient trois ou quatre ans de moins que moi. Je pratiquais régulièrement la masturbation depuis quelques années mais cet été fût pour moi, le passage à l'adolescence. Un matin, alors que j'étais seul dans la chambre, je décida de me soulager, sauf que la finalité de mon acte ne fût pas celle que j'espérais. Au moment de jouir, un épais liquide collant coula dans mon short. Je me souviens avoir brutalement levé mon vêtement puis resta allongé un moment en me disant "putain ça y est, j'ai du sperme". Ma première pensée, fût que désormais, il me faudrait avoir des kleenex à proximité. Ces vacances se passèrent sans encombre, j'étais souvent dans mes pensées, je me demandais ce que j'allais devenir à la rentrée suivante, je pensais aussi aux dernières années d'insultes et de mises à l'écart. Je fantasmais également sur un ami de mes parents et je profitais de ses douches pour aller jeter un coup d'oeil par la serrure en prenant garde de ne pas me faire surprendre. Mes masturbations lui étaient souvent dédiées.

De retour à la maison, une mission attendait mon père : me trouver une nouvelle école. En fait, mon dernier établissement avait décidé de me placer dans un lycée professionnel mais il n'en était pas question pour mes parents, ces derniers jugeaient que ma vie serait foutue. Je n'avais pas d'avis sur la question, j'étais juste triste de la situation. Après de multiples recherches et coups de téléphone, un midi, mon père m'annonça qu'il venait de me trouver une école mais qu'il faudrait passer du privé au public. En effet, avec 10 de moyenne, le directeur du collège de ma ville jugea que mon état n'était pas "si catastrophique" et qu'il m'acceptait dans son établissement. Cependant il n'y avait plus qu'une place et nous étions deux sur la liste. J'ai obtenu la place grâce... à mon prénom ! En effet, je portais le même que celui du fils du directeur et comme il s'agit d'un prénom peu courant, le directeur déclara que je ne devais pas être quelqu'un de mauvais. Le mois de septembre de mes 14 ans, je pris alors le chemin d'une nouvelle école, non loin de ma maison. Cette fois, plus question d'y aller en voiture, mon père alla chercher son vieux vélo dans le garage de mes grands-parents et me fît comprendre que j'allais devoir pédaler.

mardi 9 décembre 2008

5ème

Il y avait un groupe de filles dans la classe. Mes copains et moi nous rapprochions d’elles et je vivais mes premières conversations « d’ado ». Ça parlait de sortir avec l’une ou l’autre et autres sujets "de grands". Et puis un lundi matin, j’appris que tout le groupe était sorti le samedi sans m’en parler et ils me firent comprendre que je ne faisais pas partie du groupe. Depuis, les filles s’acharnèrent contre moi. J’étais « le pot de colle » comme disait Julie, l’une des filles du groupe. Ludovic et Sébastien me laissèrent tomber et s’amusaient à m'insulter car ça pouvait les rendre plus "virils" ou attrayants devant les filles. Un matin, alors que je parlais dans la cour avec d’autres, les filles arrivèrent en groupe avec de nouvelles recrues venues d’autres classes. Elles s’approchèrent pour me parler et l’une dit en me désignant et en mimant des gestes efféminés : « C’est lui le pédé ! ». Toutes me regardèrent comme une bête de foire. Tout d’un coup, c’est comme si un coup de tonnerre éclata dans ma tête. Le cauchemar recommençait. Les élèves continuèrent de m’insulter et de me rejeter. Deux garçons de ma classe, Guillaume et Vincent se faisaient un poing d’honneur à me « casser la gueule » à la fin de l’année scolaire. Ils m’expliquèrent qu’ils allaient « se lâcher » et que je paierai.

L’année scolaire continua, les insultes et les rejets faisaient partie du programme. Je ne dis jamais rien à personne, ni pour me confier (car à qui aurais-je pu le faire ?), ni pour faire taire. Je me posais juste une question, pourquoi on me fait ça ? J’avais une passion pour le dessin et même la prof, Madame B. m’avait dans sa ligne de mire. Alors que mes travaux étaient avec du recul pas trop mal, elle se faisait un malin plaisir à me descendre. Un jour, j’avais décidé de participer à un concours organisé par l’école et la ville, il fallait dessiner un paysage sous-marin. Quelques semaines plus tard, Madame B. me prit à part dans la cour de récréation pour me donner un cadeau en m’annonçant que j’avais gagné le deuxième prix. Elle me remit un poste-radio soigneusement emballé : « Peut-être que tu aurais préféré que ça soit le directeur qui vienne de le remettre devant toute la classe ? » me dit-elle en souriant. Je répondis évidemment oui. « Et ben non, c’est comme ça… » conclue-t-elle avant de partir avec un sourire en coin.

Après une deuxième classe de 6ème avec des résultats corrects, les résultats de ma 5ème se sont une nouvelle fois écroulés par un manque de travail et de sérieux de ma part. La fin d'année fût sans appel, l'école ne voulait plus de moi. Mon père, tenta de me faire repêcher au conseil de classe en vain. Mon professeur principal annonça à haute voix devant toute la classe que j'étais viré. Certains ricanèrent sans discrétion. Assis sur une chaise au premier rang, je me revois lever les yeux vers le plafond pour éviter de faire couler mes larmes. Ma voisine de classe me regarda d'un air compatissant.

L'année scolaire s'acheva... et il fallu me trouver une nouvelle école.

CAMP DE VACANCES

L’ambiance scolaire n’était pas au top, j’étais toujours tout seul, on se moquait de moi mais les notes étaient pour une deuxième 6e, plutôt correctes et on me fit passer en 5ème. Les jours rallongeaient, il faisait de plus en plus chaud et un nouvel été pointait le bout de son nez.

Mes parents n’ont jamais roulé sur l’or mais je ne manquais de rien. Mes grands-parents avaient acheté un bel appartement dans une résidence de vacances assez luxueuse et moderne pour l’époque et nous nous y rendions tous les ans pour 15 jours. Mais deux semaines de vacances sur un été, ça passe vite pour un gamin et mes parents décidèrent de m’inscrire au centre aéré sitôt rentrés. Le centre n’était pas très loin de la maison, mon père me déposait tous les matins avant d’aller bosser. Le centre était en fait une école maternelle, avec un terrain de sport et une grande salle couverte. Ce mois fût encore douloureux pour moi car une fois de plus, je me retrouvais de côté. Allez savoir pourquoi, je n’arrivais pas à me faire des amis, j’avais sympathisé avec Jérôme mais celui-ci se retrouva happer par un groupe, qui me rejeta aussitôt. Être tout seul, être celui qui, une fois de plus, reste le dernier choisi quand on doit faire des équipes pour un jeu, être celui qui est seul à la cantine car personne ne vous attend pour manger ni vous fait une place quand vous arrivez.

Je me souviens avoir beaucoup pleuré et insisté auprès de ma mère pour ne plus y retourner.

L’été se termina et l’odeur des crèmes solaires fût remplacée par celle des mines de crayons. Une nouvelle rentrée m’attendait….

mardi 3 juillet 2007

TOUCHE PIPI

Il y avait deux mondes bien différents pour moi : celui de l’école et celui en dehors du cercle scolaire. Pour tout dire, je n’avais pas de véritables amis dans aucun de ces cercles et je restais souvent seul. Mes principales occupations étaient la télévision, les jeux vidéo et le dessin.

Cependant, mes parents avaient - et ont toujours d’ailleurs - un cercle d’amis assez vaste. Parmi eux, Philippe et Isabelle, des amis d’enfance de mon père. Ils vivent à quelques minutes en voiture de la maison et ont un garçon de mon âge, Paul. Paul a toujours été plus grand et plus sportif que moi et même si nos goûts étaient opposés, on se voyait parfois et il arrivait que l’un dorme chez l’autre. Ce soir-là, c’est moi qui suis allé dormir chez lui. Sa chambre était toujours très froide, il aimait garder sa fenêtre ouverte en permanence. Il avait son lit monoplace dans le coin de la pièce et moi, je dormais dans un duvet sur un matelas gonflable à côté. On avait toujours l’habitude de dormir en caleçon. Ce soir-là, il y eu des attouchements et bien que personne ne parla de cette aventure le lendemain, l’expérience se renouvela plusieurs fois. A deux, avec Paul dans un premier temps et à trois par la suite. En effet, Paul avait un voisin du même âge, Nicolas. Les parents de Nicolas, de Paul et les miens étaient devenus des amis et ils se voyaient souvent pour des soirées arrosées. Il arrivait souvent que je dorme chez l’un des deux garçons. L’été, nous campions dans une tente installée dans le jardin, l’hiver on dormait dans le lit deux places de Nicolas.

Pour ne rien cacher, ces premières expériences sexuelles me plaisaient, j’avais même parfois envie d’aller plus loin avec eux. Je voulais les embrasser et les serrer contre moi, mais je m’interdisais de le faire, préférant les laisser « fixer » les règles. J’avais peur de me faire insulter et rejeter. Quelques années plus tard, Paul était venu chez moi, mes parents étant de sortie. Paul me proposa d’aller plus loin en essayant la sodomie (j'ignorais ce terme à l'époque). Il me dit « Alors, qui essaye l’autre ? ». Mon cœur battait la chamade. Je me précipita sous le lit de mes parents qui cachait une boite de préservatifs en me disant qu’ils ne devaient pas les compter et qu’ils ne se rendraient pas compte de cet emprunt. Paul s'est mis à quatre pattes, je suis arrivé par derrière. J'ai alors placé mes mains sur ses fesses et j'ai tenté de le pénétrer. Paul fait la grimace, il me demande d'arrêter et de changer les rôles. Je me retrouve à mon tour à quatre pattes mais là aussi, la douleur et le manque d’expérience nous font faire marche arrière. Nous ne retenterons plus l'expérience par la suite.

lundi 2 juillet 2007

NOUVELLE 6ème

L’été passa à grande vitesse et la rentrée était proche. Les maux de ventre commençaient déjà à me tordre. Je redoutais cette nouvelle année scolaire mais aussi, le fait de tomber sur les élèves de l’année dernière, qui eux, seraient en classe supérieure.

Septembre 1989, me voilà de retour dans le même collège pour y faire ma deuxième classe de sixième. Je me souviens que j’étais un peu déprimé les premiers jours car forcément, je vivais toujours cet échec. Cependant, je me consolais en me disant que maintenant, j’étais dans une toute nouvelle classe et que je devais repartir de zéro. Je décidais alors de faire un trait sur l’année passée et de reprendre les choses en main. Les premiers mois se passèrent bien mais les choses changèrent rapidement. Les copains que j'avais me laissèrent tomber, certains se voyaient le week-end sans m'inviter mais me le faisaient savoir le lundi suivant... Une fois de plus, je me retrouvais dans le rôle du vilain petit canard, cependant d'un point de vue scolaire, les choses s'améliorèrent et avec des notes très correctes, on me fit passer en classe de cinquième.

L’année qui allait suivre n’allait pas changer grand chose vu que je me retrouva avec quasiment les mêmes élèves... enfin, c'est ce que pensais.

mardi 26 juin 2007

UNE PAGE SE TOURNE-T-ELLE VRAIMENT ?

Le reste de l’année continua sur la même tendance et je me sentais de plus en plus mal. De plus, mes parents jouaient aussi à un jeu superficiel avec leurs amis qui m’étouffa et qu’on pourrait comparer à une course de chevaux. C’est à celui qui mettrait ses enfants le plus en avant : qui avait les meilleures notes ? le plus de succès ? qui était le plus grand ou qui pouvait avoir l’anecdote la plus glorieuse ?
Tout était bon pour gagner cette course de la progéniture la plus réussie et se mettre en avant pour faire plier l’autre.

Rien n’évolua dans le bon sens pour moi, je n’avais pas toujours pas d’amis, les insultes continuèrent de plus belle et les résultats scolaires chutèrent à grande vitesse. Le verdict du mois de juin suivant fût sans appel, c’était le redoublement.

Je pense qu’il s’agit pour moi de ma première « déprime ». En effet, en plus de l’annonce de cette première grosse défaite, j’ai dû faire face aux sarcasmes des élèves, des parents et dans mon dos, de leurs amis. J’étais tout d’un coup, devenu la honte de la famille.
Je me suis enfermé dans ma chambre et j’ai pleuré de longues heures. Évidemment, le redoublement en soit n’était pas la seule cause de mon chagrin, je pleurais d’un ras-le-bol général qui avait duré une année scolaire et j’avais l’impression d’en payer encore les frais. Mais payer quoi d’ailleurs ? Qu’est-ce que j’avais fait ? Je n’arrivais pas à trouver de réponse à cette question. Ça n’était pas juste.

Concernant le redoublement, il y avait la possibilité pour les parents de faire appel de la décision des professeurs mais mon père s’y opposa. Cependant, après m’avoir menacé depuis des années de me changer d’école en cas de redoublement, mes parents prirent la décision de me laisser une nouvelle chance de refaire ma sixième dans le même établissement. Après la grosse période de chagrin, ces derniers me rassurèrent en citant des petits cousins ayant connus la même situation et ayant aujourd’hui, des situations professionnelles exemplaires. Après tout, ça arrive, ça n’est pas grave conclurent-ils.

Les deux mois de vacances passèrent rapidement, nous partions comme les autres années deux semaines au soleil et le reste de la période estivale, je restais chez mes grands-parents.

Le mois de septembre pointa le bout de son nez et je m’apprêtais à reprendre une nouvelle 6e. Je me dis pour me rassurer, qu’il s’agissait d’une reprise à zéro aussi bien scolaire que morale pour moi et que tout allait bien se passer… du moins, c’est ce que je pensais.

jeudi 21 juin 2007

"HEY PEDE !"

L'année scolaire suivait son cours et les insultes s'amplifièrent. Aurélie et Cécile continuaient leurs insultes sans raison et les "pédés" fusèrent sans cesse. Ce "jeu" motivait d'autres élèves et surtout les filles, qui à leur tour s'engagèrent dans la course. Pas un jour de répit et n'importe quelle occasion fût bonne pour me le lancer à la figure. Alors évidemment la première question que je me posais fût de savoir que ce que voulait dire "pédé". Bien sûr, à cet âge, on apprend les choses très rapidement et j'appris la signification très vite même si néanmoins, je ne compris toujours pas pourquoi on m'insultait de la sorte.

Un jour, lors d'un cours d'éducation civique, j'étais fier d'avoir trouvé une brochure en rapport avec la leçon du jour et venant de la mairie de ma ville. La prof prit la brochure pour la montrer aux autres et fit passer l'objet de mains en mains. Le soir, dans ma chambre alors que je rangeais mes affaires pour le lendemain, j'ouvris la brochure et aperçu en première page un "PD" inscrit au crayon à papier. J'ai alors reconnu au premier coup d'oeil, l'écriture arrondie d'Aurélie.

Curieusement, les garçons ne rentraient pas dans ce jeu gratuit sauf lors des éventuelles altercations qui étaient prétexte à m’envoyer le mot maudit à la gueule.

Je n’avais pas beaucoup d’amis à cette époque et se rendre à l’école était devenu un fardeau.
Pour ne pas arranger les choses, je n’étais pas bon élève. Je n’avais aucune motivation pour rien et les devoirs étaient bâclés. La question que je me suis souvent posée était de savoir si mon mal-être était en rapport direct ou non avec mon échec scolaire. Ainsi, je me faisais insulter le jour par les élèves et engueuler le soir par les parents qui me considéraient comme « un nul ». Je n’ai jamais parlé de ces insultes à mes parents, ni amis ou professeurs. Je le gardais pour moi et j’encaissais sans rien dire.

Un soir, juste après les cours, je me tenais debout dans le préau à attendre mon père ou ma mère qui devait venir me chercher. J’étais seul et je lisais le panneau d’informations accrochait sur le mur. Quelques secondes plus tard, Cécile arriva, son cartable sur le dos et me regarda. Elle marchait vers la sortie et m’insulta, le sourire aux lèvres : « P’tit pédé, p’tit pédé, p’tit pédé… ». Je ne dis rien, je fis semblant de ne rien entendre tout en continuant à lire les notes sur le mur.

Je me suis souvent remémoré cette scène, elle me hante presque. Quand j’y repense, j’ai des envies de violences terribles : je me vois pousser cette fille, je me vois lui fracasser la tête contre le mur pour la faire taire et pour lui effacer ce sourire avec lequel elle m’insultait.

mardi 19 juin 2007

ENTREE EN 6EME

Nous sommes en septembre 1988 et je fais mon entrée en 6ème. Il faut savoir que l'école dans laquelle je suis, est la même depuis le CP. Mes parents avaient choisi cet établissement privé pour la qualité de son enseignement car ils voulaient le meilleur pour moi et mon père avait de grandes attentes me concernant. De plus, l'école était très proche de la maison de mes grands-parents, ce qui permettait d'aller déjeuner tous les midis chez eux et facilitait également les allées le matin et retours le soir après les cours.

Quand j'y repense, c'est vrai que le changement est vraiment important pour un gamin de 12 ans qui passe du CM2 à la 6ème. D'un seul professeur (ou deux dans mon cas), on passe à 12 différents. D'une seule classe pour tous les cours, on se retrouve à arpenter toute l'école pour changer de salle toutes les heures et il y a également le fameux mercredi matin qui devient scolaire alors qu'on serait tellement mieux dans son lit à regarder le Club Dorothée jusqu'à midi.

Mais le changement le plus important est mental. Du monde de l'enfance, le passage en 6ème marque l'entrée dans le monde de l'adolescence avec ses avantages mais surtout ses inconvénients et ses dures réalités. On dit que les filles sont toujours en avance par rapport aux garçons. Et c'est effectivement le cas ici. Je ne me souviens plus exactement comment les choses ont commencé mais je me souviens parfaitement qu'elles étaient deux à avoir tourné toute la classe contre moi dans un "jeu" qui allait durer des années et qui allait former mon caractère jusqu'à aujourd'hui.

"Elles" se prénomment Aurélie et Cécile. Un jour, l'une d'elles me lança à haute voix : "Pédé!".

jeudi 14 juin 2007

COMMENCEMENT

Commençons par le commencement. J'ai grandi dans une petite famille unie de province. Je n'ai pas été spécialement un garçon turbulent ni super calme non plus, disons que j'étais dans la moyenne des enfants de mon âge. Mes parents m'ont bien éduqué et j'étais ce qu'on pouvait appeler un garçon plutôt "gâté". Même dans les moments plus difficiles financièrement, mes parents ont toujours fait passer mes intérêts avant les leurs afin que je ne manque de rien.

Tous les ans, on partait dans le sud dans un appartement acheté par mes grand-parents. J'y retrouvais mes copains de vacances et je garde de très bons souvenirs des périodes estivales.

D'un point de vue scolaire, de ma première année de maternelle jusqu'à la classe de CM2, rien à signaler, je n'étais pas forcement le meilleur ni le moins bon des élèves et tout se déroula dans "la normalité". On me disait charmeur, avec du recul, je dirais plutôt que j'étais un gros "faillot".
J'avais des amis : Julien, Jérémy, Stéphane et tous les ans, ma mère m'organisait un goûter d'anniversaire avec les copains et les copines de la classe qui venaient à la maison.

A la fin de la CM2, je suis passé en 6e de justesse. Mes notes étaient à la limite, mais mes souvenirs me portent à croire que j'avais dû dramatiser ma situation auprès de mes deux institutrices pour qu'elles me laissent passer en classe supérieure.

A cette époque, je ne m'imaginais pas que l'année qui allait suivre, allait être le début de mon cauchemar...

PRESENTATION

Bonjour, à toi ou bonjour à vous.

Voilà mon histoire : j'ai 30 ans aujourd'hui, je suis un garçon ;) et je vis à Paris depuis maintenant huit ans. Derrière mon côté sympa et charmant que peuvent me donner les gens, je suis quelqu'un de très malheureux. Certes, j'ai un travail qui me plaît, j'ai quelques amis, j'ai des parents et une famille qui m'aiment mais personne ne sait vraiment comment je peux être mal dans ma peau depuis tellement longtemps.

Il y a quelques années, j'ai été malade, je faisais des malaises mais personne ne pouvait mettre un nom sur ce que j'avais. Quelques longs mois plus tard, un médecin a réussi à me soigner mais je reste encore fragile par moment (je ne suis pas non plus au bord de la mort, je vous rassure...). Est-ce que ces malaises étaient dû au stress et à ce que j'avais au fond de moi et que je rumine sans même le vouloir ? Je suis allé voir un psy sur les conseils d'un ami. Ce médecin après quelques minutes m'a dit qu'il ne pouvait rien faire pour moi et que j'étais en excellente santé "mentale".

Mais j'ai toujours ce trop plein de choses en moi... mais je n'arrive pas à l'évacuer. Il y a quelques mois ou semaines, une collègue de travail avec qui je suis très proche, fît une analyse de ma personne suite à un travail que j'avais effectué (bien évidemment, sachez que je suis quelqu'un de très secret et que je ne parle jamais de moi à personne, même mes proches). Cette collègue est très bonne psychologue et sa réflexion était juste. Je lui dévoila un peu de moi-même (sans tout déballer) pour lui donner raison mais plus je parlais, plus des larmes me venaient aux yeux. Je me suis arrêté et j'ai changé de sujet avant que je ne me mettre à pleurer devant elle. Je lui parla de ma séance chez le psy et vu mon état, elle me conseilla vivement de retourner en voir un autre.

Ce jour fût comme un déclencheur car finalement, si tout allait bien comme je pouvais le penser, est-ce que je me mettrais à pleurer dès que je creuse sur ma propre personne ? Il n'y a pas une journée sans que je me retourne sur mon passé et mon mal être...

Avant de me décider à chercher un éventuel nouveau psy, je me suis dit qu'il serait plus facile de tout raconter sur un blog... et vous y êtes. Voici mon histoire...

Bien évidemment, tout au long de ce blog, les noms et les lieux seront volontairement changés afin de garder mon anonyma.