Le reste de l’année continua sur la même tendance et je me sentais de plus en plus mal. De plus, mes parents jouaient aussi à un jeu superficiel avec leurs amis qui m’étouffa et qu’on pourrait comparer à une course de chevaux. C’est à celui qui mettrait ses enfants le plus en avant : qui avait les meilleures notes ? le plus de succès ? qui était le plus grand ou qui pouvait avoir l’anecdote la plus glorieuse ?
Tout était bon pour gagner cette course de la progéniture la plus réussie et se mettre en avant pour faire plier l’autre.
Rien n’évolua dans le bon sens pour moi, je n’avais pas toujours pas d’amis, les insultes continuèrent de plus belle et les résultats scolaires chutèrent à grande vitesse. Le verdict du mois de juin suivant fût sans appel, c’était le redoublement.
Je pense qu’il s’agit pour moi de ma première « déprime ». En effet, en plus de l’annonce de cette première grosse défaite, j’ai dû faire face aux sarcasmes des élèves, des parents et dans mon dos, de leurs amis. J’étais tout d’un coup, devenu la honte de la famille.
Je me suis enfermé dans ma chambre et j’ai pleuré de longues heures. Évidemment, le redoublement en soit n’était pas la seule cause de mon chagrin, je pleurais d’un ras-le-bol général qui avait duré une année scolaire et j’avais l’impression d’en payer encore les frais. Mais payer quoi d’ailleurs ? Qu’est-ce que j’avais fait ? Je n’arrivais pas à trouver de réponse à cette question. Ça n’était pas juste.
Concernant le redoublement, il y avait la possibilité pour les parents de faire appel de la décision des professeurs mais mon père s’y opposa. Cependant, après m’avoir menacé depuis des années de me changer d’école en cas de redoublement, mes parents prirent la décision de me laisser une nouvelle chance de refaire ma sixième dans le même établissement. Après la grosse période de chagrin, ces derniers me rassurèrent en citant des petits cousins ayant connus la même situation et ayant aujourd’hui, des situations professionnelles exemplaires. Après tout, ça arrive, ça n’est pas grave conclurent-ils.
Les deux mois de vacances passèrent rapidement, nous partions comme les autres années deux semaines au soleil et le reste de la période estivale, je restais chez mes grands-parents.
Le mois de septembre pointa le bout de son nez et je m’apprêtais à reprendre une nouvelle 6e. Je me dis pour me rassurer, qu’il s’agissait d’une reprise à zéro aussi bien scolaire que morale pour moi et que tout allait bien se passer… du moins, c’est ce que je pensais.
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